Jean-Claude Darrigaud, auteur de «Les anti-trottoirs de Manille» et de «les enfants du Mékong», a écrit «L’Evangile selon Marie de Nazareth»: un récit libre dans lequel il s’attache sur le «oui» d’une jeune juive qui a permis l’aventure chrétienne. 129 FF
Suisse: L’abolition du prix unique du livre fait réagir les librairies religieuses romandes
Mobilisation des libraires et des éditeurs
Lausanne, 20 septembre 1999 (APIC) La récente décision de la Commission fédérale de la concurrence intervenue début septembre d’abolir le prix unique du livre en Suisse allemande a provoqué un tollé général. Les associations professionnelles ont dénoncé le caractère hâtif et irréfléchi de cette mesure qui, d’après les estimations, mettrait en danger un tiers des librairies spécialisées Outre-Sarine. En Suisse romande où il n’existe pas de prix unique du livre, les libraires et éditeurs religieux romands entendent maintenant se battre pour obtenir une réglementation des prix de vente.
«Cela fait des années que les libraires romands réclament le prix unique du livre au plan Suisse, explique Muriel Füllemann, gérante de la Librairie de l’Ale à Lausanne, spécialisée dans la littérature religieuse. Nos homologues suisses allemands ne nous ont jamais pris au sérieux car ils étaient protégés par leur accord avec l’Allemagne et l’Autriche. Maintenant que celui-ci est caduc, ils ont le même intérêt que nous à réclamer une législation fédérale».
La mobilisation gagne aussi l’Association des libraires de Suisse romande dont le président Damien Malfait appelle de ses voeux la mise en place d’un puissant lobby des libraires pour obtenir gain de cause auprès du Conseil fédéral. Une réalisation d’autant plus urgente que la FNAC projette d’ouvrir des magasins dans la région lémanique: «Si elle le veut, la FNAC pourra casser les prix. Aucune ne loi l’en empêche. C’est pourquoi il nous faut au plus vite obtenir des autorités fédérales la fixation d’un prix de vente-plancher seul à même de bannir le dumping».
L’arrivée du mastodonte FNAC l’an prochain à Genève semble de nature à déstabiliser le marché suisse: «La FNAC va s’approvisionner en France. Rien que par le différentiel de change, ils seront capables de vendre 20% meilleur marché, explique Jean-Pierre Meynard, responsable de la Librairie oecuménique à Genève. Raison pour laquelle le prix unique du livre est une nécessité absolue».
Librairies spécialisées menacées
Un credo que Gabriel de Montmollin, directeur des éditions «Labor & Fides» reprend avec la même vigueur: «Sans prix imposé, rien n’empêchera les grands centres commerciaux de proposer des prix discount, ce qui menace la survie des libraires spécialisés. Or ces derniers nous sont indispensables, car les livres religieux atteignent leur public par le biais des multiples librairies spécialisées. C’est le nombre de lieux d’exposition qui crée la vente, pas une pile d’ouvrages «Labor & Fides» dans un grand magasin».
Mais réclamer le contrôle des prix à l’ère de la déréglementation généralisée n’est pas chose simple. Autre écueil: la concurrence des grands éditeurs français qui publient de plus en plus d’ouvrages de spiritualité. Avec à leur disposition des moyens publicitaires hors de portée des maisons romandes: «En termes de marketing, ils ont une force de frappe considérable. Afin de bénéficier de cette structure promotionnelle, nous co-éditons avec Albin Michel quelques ouvrages par an. Nous diversifions également notre offre afin d’aller à la rencontre des aspirations du public pour d’autres formes de spiritualité».
Les différents acteurs romands de l’industrie du livre – éditeurs, libraires, diffuseurs – ont passé une convention par laquelle ils s’engagent à respecter un certain niveau de prix: «C’est la condition sine qua non pour pouvoir offrir aux lecteurs autre chose que des best-seller, avec la possibilité pour le client de consulter des bibliographies et de passer commande», poursuit Damien Malfait. Pourtant, même avec cette structure, les librairies religieuses peinent à couvrir leurs frais. La vente de livres n’y suffit généralement pas, et elles doivent compter sur des aides extérieures, en particulier les subsides des Eglises. Autre solution: les partenariats pour limiter certains frais ou le bénévolat très prisé des librairies évangéliques. (apic/spp/pr)




