Peut-être en même temps qu’un voyage en Russie et en Ukraine
Jean-Paul II invité en Géorgie par le président Chevardnadze
Rome, 16 mai 1997 (APIC) Jean Paul II, qui recevait vendredi Edouard Chevardnadze, président de la République de Géorgie, a accepté l’invitation de son hôte à effectuer une visite dans son pays, dans la région du Caucase.
Le pape, qui fête ses 77 ans le 18 mai, s’est montré confiant quand à la réalisation de ce voyage, a indiqué le porte-parole du Vatican. Ce serait une première, les chrétiens de ce pays (plus de 5,6 millions d’habitants) étant en majorité orthodoxe. Ce voyage hâterait peut-être la réalisation du voeu de Jean-Paul II de se rendre en Ukraine et en Russie, a-t-il indiqué.
Mercredi, à l’issue de l’inauguration de l’exposition d’un artiste géorgien à l’Université pontificale Grégorienne, le président n’avait pas caché la forte impression laissée par sa première visite chez le pape. «J’ai vu en lui une immense sagesse, avait-il confié, comme s’il prophétisait tout ce qui allait arriver par la suite: la liberté des peuples et des consciences et les changements aussi à l’Est». En quittant le pape, M. Chevardnadze a confié la paix dans la région du Caucase à sa prière. Ce fut aussi le thème principal des entretiens du président avec le cardinal Secrétaire d’Etat Angelo Sodano, avec la question de la coopération en Europe.
Ancien ministre des Affaires étrangères d’URSS sous Gorbatchev, Edouard Chevardnadze a reçu le baptême dans l’Eglise orthodoxe le 23 novembre 1992, au lendemain de son élection à la présidence de la Géorgie (avec plus de 90 % des suffrages), prenant le nom du patron du pays, saint Georges. Edouard Chevardnadze rencontrait Jean-Paul II pour la deuxième fois, mais cette fois en tant que président.
Selon le Vatican, l’entretien a été «cordial». Le pape et le président ont évoqué d’une part les changements survenus ces dernières années en Europe de l’Est, et d’autre part la vie de l’Eglise catholique en Géorgie, en particulier sous l’angle de la collaboration avec les autres communautés religieuses locales. Prenant la parole à une conférence de presse où était présent également le Premier ministre italien, Romano Prodi, E. Chevardnadze a souligné que la Constitution de son pays garantit la liberté religieuse.
La Géorgie compte en effet deux petites républiques autonomes à majorité musulmane, dont l’Abkhazie, vitale car elle offre une large façade sur la Mer Noire. Or, les tensions régionalistes et nationalistes représentent un risque pour la paix, rétablie difficilement après le conflit des années 1992-1993, où les séparatistes Abkhazes avaient proclamé l’indépendance.
Le pays compte sur la stabilité actuelle pour encourager les investissements étrangers, et en particulier italiens. Des accords viennent en effet d’être signés pour une coopération dans les domaines du tourisme, de l’agriculture, de la promotion et de la protection des investissements, des sciences et de la défense, apprend-on de source italienne. (apic/cip/imed/pr)



