L’Eglise entre dans le Jubilé de l’an 2000
Jean Paul II ouvre la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre dans la nuit de Noël
Rome, 26 décembre 1999 (APIC) En ouvrant dans la nuit de Noël la Porte Sainte de la basilique St-Pierre, Jean Paul II a franchi une étape très attendue de son pontificat: Faire entrer la chrétienté dans le Jubilé de l’an 2000. Sobre mais impressionnant, le cérémonial d’ouverture a souligné l’importance de la joie et de la vie nouvelle symbolisées par la musique, les parfums et les fleurs, représentant les cinq continents. L’entrée dans l’Année Sainte a été marquée par un tonnerre d’applaudissements des quelque 65’000 pèlerins rassemblés dans la basilique et sur la Place St-Pierre.
La cérémonie était centrée sur «le Christ, porte de miséricorde et de grâce toujours ouverte aux pêcheurs», selon les paroles prononcées par le pape quelques instants avant d’en pousser les battants. Les commentateurs n’ont pas manqué alors de rappeler les paroles prophétiques du cardinal Stefan Wyszynski, lorsque Karol Wojtyla fut élu pape, il y a 21 ans. Le primat de Pologne, avait alors souhaité à Jean Paul II de conduire l’Eglise jusqu’au troisième millénaire.
Quelques minutes avant 23 h, la procession, composée d’une quarantaine de cardinaux et du pape, est entrée dans l’atrium précédée de clercs de différentes nationalités, portant la croix, l’Evangile et de grands cierges. Leur arrivée étant accompagnée du chant d’un psaume en grégorien : «Nous irons joyeux dans la maison du Seigneur».
Vêtu d’une large chape aux couleurs brillantes réalisée pour l’occasion, et dont les motifs se retrouvaient sur les ornements blancs des cardinaux, Jean-Paul II s’est arrêté après quelques mètres. Une vingtaine des laïcs des cinq continents revêtus de costumes traditionnels complétaient la procession et sont allés se placer sur la gauche, passant devant la centaine d’évêques et de chanoines habillés de soutanes roses et surplis blancs, et quelques représentants d’Eglises orientales vêtus de noir.
Le Christ porte de miséricorde
Dialoguant avec le choeur, tantôt chantant et tantôt lisant, Jean-Paul II a alors rappelé que Dieu a envoyé le Christ sur la terre pour qu’il soit la «porte de miséricorde et de grâce toujours ouverte aux pêcheurs». Après la proclamation solennelle de l’Evangile de Luc où le Christ annonce «une année de grâce du Seigneur», chanté par un diacre, c’est en silence que Jean-Paul II s’est approché de la porte et a simplement poussé les panneaux de bronze. Les deux cérémoniaires se sont alors rapprochés du pape pour l’aider à s’agenouiller sur le seuil et lui permettre d’y rester seul en prière.
La musique asiatique a pris le relais du grégorien, grâce à des femmes en costumes chinois jouant d’un large >, sorte de grande cithare aux cordes de soie. D’autres jeunes femmes d’Asie et d’Océanie aux parures colorées sont arrivées deux par deux pour suspendre des guirlandes de part et d’autre de la porte, et orner les marches de pétales de fleurs et de bouquets. Deux hommes, l’un du Moyen-Orient et l’autre d’Inde, ont complété cet hommage en y répandant des parfums.
Le pape s’est alors avancé jusqu’à la porte ainsi décorée, a béni la foule avec l’Evangile entre les mains, d’abord à l’extérieur, puis à l’intérieur de la basilique, et en a franchi le seuil. Il était 23 h 35 lorsqu’il s’est arrêté quelques instants devant la > de Michel-Ange, pendant que trois Africains, vêtus de tissus soyeux et de coiffures rouges à plumes soufflaient dans de grandes cornes d’éléphant pour solenniser l’événement, auquel faisaient écho au loin les cloches de la ville de Rome. Le pape a alors rejoint l’autel de la basilique. Pour la célébration de la messe de minuit.
«Toi, ô Christ, tu es le Fils unique du Dieu vivant, né dans la grotte de Bethléem ! Après deux mille ans, nous revivons ce mystère comme un événement absolument unique. Parmi tant de fils d’hommes, parmi tant d’enfants venus au monde durant tous les siècles, Toi seul es le Fils de Dieu : ta naissance a changé de manière ineffable le cours des événements humains,» a souligné Jean Paul II dans son homélie. «Voilà la vérité qu’en cette nuit l’Eglise veut transmettre au troisième millénaire. Et vous tous, qui viendrez après nous, puissiez-vous accueillir cette vérité qui a totalement transformé l’histoire ! Depuis la nuit de Bethléem, l’humanité a conscience que Dieu s’est fait Homme : il s’est fait Homme pour rendre l’homme participant de sa nature divine», a-t-il ajouté.
A la fin de la cérémonie des milliers de fidèles se sont dirigés lentement vers la Porte Sainte, pour en franchir le seuil à leur tour. (apic/imed/mp)



