Satisfaction du Saint-Siège: dates encore incertaines
Jean Paul II se rendra en Grèce
Rome, 8 mars 2001 (APIC) Le Saint-Siège a exprimé jeudi un «sentiment de reconnaissance» suite à la décision positive du Saint-Synode orthodoxe grec, rendue publique le 7 mars. Cette décision ouvre les portes de la Grèce au pape.
Les dates du voyage de Jean Paul II en Grèce sont encore incertaines et seront décidées ces jours-ci, mais ce sera certainement la première étape du pèlerinage qui conduira aussi le pape vers la Syrie et Maltes, a déclaré le porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls.
La veille, le nonce apostolique en Grèce, Mgr Paul Fouad Tabet, avait qualifié ce voyage sur Radio Vatican, de «moment historique pour l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe, parce que pour la première fois un pape visite la terre hellénique». «C’est un choix du Saint-Synode orthodoxe, a-t-il poursuivi, en faveur de l’oecuménisme et de l’unité des chrétiens: cela s’explique surtout par le fait que l’on donne avant tout à la visite un caractère de pèlerinage et une signification tout à fait spirituelle».
Décision unanime
Dans un communiqué publié mercredi à Athènes, le Saint-Synode, relève que la décision a été prise à l’unanimité. «L’Eglise orthodoxe, est-il écrit dans le premier point de la déclaration, malgré toutes les réserves qu’elle pourrait avoir par rapport à la réalisation de cette visite, ne souhaite pas ne pas satisfaire au souhait du Pontife romain, surtout quand ce souhait n’a qu’un caractère purement de pèlerinage». Le Saint-Synode affirme ensuite que l’Eglise orthodoxe, «n’a jamais eu peur des défis et elle fait ainsi la preuve qu’elle peut les affronter avec affabilité, sérénité et sang froid».
Le Saint-Synode demande encore au «peuple grec de faire confiance» à sa «hiérarchie ecclésiastique» et de ne pas «transformer les dimensions réelles de l’événement». L’Eglise orthodoxe étudiera enfin, «en accord avec les Lois Sacrées et les traditions», sa participation aux manifestations».
Jean Paul II avait clairement exprimé son désir de se rendre à Athènes à l’occasion du jubilé dans sa Lettre «sur le pèlerinage aux lieux qui sont liés à l’histoire du salut», publiée le 30 juin 1999. Il souhaitait en effet y commémorer le discours de saint Paul devant l’Aréopage, qu’il considère comme «le symbole même de la rencontre de l’Evangile avec la culture humaine».
Vives réactions en Grèce
Cette Lettre avait provoqué à l’époque dans les médias grecs de vives réactions négatives de la part des orthodoxes, et notamment des moines du Mont Athos.
En septembre 1999, le Saint-Synode orthodoxe grec avait justifié son refus de cette visite aux ambassadeurs présents à Athènes par les «tendances impériales déployées par le pape vis à vis des autres chrétiens», et la «stratégie» du Vatican par laquelle il s’infiltrerait dans les régions orthodoxes à travers les Eglises catholiques de rite oriental.
L’archevêque catholique d’Athènes et président de la Conférence épiscopale de Grèce, Mgr Nikolaos Foscolos, avait pu aborder rapidement ces questions avec Jean Paul II le 12 octobre 1999, alors qu’il était reçu à déjeuner par le pape dans le cadre du Synode des évêques pour l’Europe. «Je lui ai dit qu’il y a peu d¹espoir que cette visite puisse se réaliser», devait-il alors déclarer à l’APIC, et il m’a répondu: espérons contre toute espérance!».
Un an plus tard, au début de l’automne 2000, le nonce apostolique en Grèce, Mgr Paul Fouad Tabet, s’était, à la demande du pape, entretenu de la possibilité de ce voyage avec l’archevêque orthodoxe d’Athènes et de toute la Grèce, Mgr Christodoulos. Il lui avait alors exprimé le désir de Jean Paul II de passer en Grèce en revenant de son pèlerinage en Syrie sur les pas de saint Paul, envisagé pour la fin du mois d’avril ou le début du mois de mai 2001.
Pessimisme
Le 22 novembre 2000, Mgr Nikolaos Foscolos expliquait à l’APIC: «Il y a beaucoup de conditions qui rendent cette visite difficile», du fait que l’Eglise orthodoxe «a multiplié la diffusion de phrases contre le pape au cours des dix dernières années, depuis la chute du mur de Berlin». Jean Paul II a notamment été présenté comme celui qui a voulu détruire les orthodoxes pendant la guerre en ex-Yougoslavie, et qui serait allé jusqu’à financer les Croates contre les Serbes, précisait-il. En 1981, le Saint-Synode avait même lancé qu’une visite du pape «contaminerait le sol grec».
L’archevêque racontait par ailleurs qu’à l’occasion de l’Année sainte, l’Eglise catholique de Grèce avait organisé une célébration sur la colline de l’Aréopage le dimanche 29 octobre. «Cela a été très réussi, affirmait-il, puisque 2500 catholiques se sont rassemblés à l’endroit où saint Paul avait prononcé son discours face aux Grecs». «Malheureusement, les orthodoxes ont perçu cette célébration comme une `provocation’», regrettait alors Mgr Foscolos.
Le président grec Constantinos Stephanopoulos, qui était présent à se rassemblement catholique du 29 octobre, avait ensuite formellement Jean Paul II à venir en Grèce, le 24 janvier, alors qu’il était reçu au Vatican. Une invitation qui s’ajoutait aux tensions déjà vive, en Grèce, entre le gouvernement et l’Eglise orthodoxe.
La lettre du pape
En effet, le gouvernement a commencé dès le printemps dernier, à retirer la mention, considérée comme discriminatoire, de la religion sur les cartes d’identité. L’Eglise orthodoxe continue de réclamer que celle-ci soit maintenue. Depuis le 14 septembre et jusqu’au printemps 2001, l’Eglise orthodoxe recueille des signatures afin de réclamer un référendum à ce sujet.
Début mars, Mgr Christodoulos affirmait, lors d’un rassemblement de jeunes, avoir recueillis 2 millions et demi de signatures.
Début février enfin, Jean Paul II qui ne souhaitait pas, selon Mgr Foscolos, se rendre en Grèce sans en demander l’autorisation à l’Eglise orthodoxe afin de ne pas la mettre en difficultéé, avait ainsi envoyé par l’intermédiaire du nonce apostolique en Grèce, Mgr Paul Fouad Tabet, une lettre à l’archevêque Christodoulos exprimant son désir de visiter Athènes, comme pèlerin du lieu ou il y a presque 1950 ans, l’apôtre Paul a prêché aux Athéniens. (apic/imed/pr)




