Suisse

Jean-René Fournier reçu à Moscou par le patriarche Cyrille

Le démocrate-chrétien valaisan Jean-René Fournier, président du Conseil des Etats, a rencontré le 14 octobre 2019 le patriarche Cyrille, chef de l’Eglise orthodoxe russe, à la résidence patriarcale du monastère Saint-Daniel de Moscou. Tous deux partagent des convictions communes en matière de valeurs chrétiennes, rapporte le Patriarcat de Moscou.

Accompagné notamment d’Yves Rossier, ambassadeur de Suisse en Russie et de fonctionnaires fédéraux, le président de la chambre haute du parlement helvétique a été reçu par le patriarche de Moscou. A ses côtés lors de la réception: l’archiprêtre Serge Zvonariov, secrétaire du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou (DREE), chargé de l’étranger lointain, et par le hiéromoine Stéphane Igoumnov, secrétaire du DREE chargé des relations interchrétiennes.

Rappelant les exploits guerriers du général russe Souvorov, qui, en septembre 1799 «libéra la Suisse de l’agression napoléonienne», le chef de l’Eglise orthodoxe russe a évoqué une présence russe sur sol helvétique qui date déjà du début du XIXe siècle et qui dure toujours.

«Nous sommes en rapport avec Eglises protestantes et catholiques de votre pays. D’autre part, nous avons établi des contacts avec les établissements d’enseignement supérieur de Suisse, notamment avec la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg et avec l’institut œcuménique de Bossey, près de Genève», a-t-il poursuivi. «Les Russes éprouvent donc des sentiments particulièrement cordiaux envers la Suisse».

Laïcisation: les pays occidentaux au banc des accusés

Le primat de l’Eglise orthodoxe russe, soulignant que la Russie était aujourd’hui un Etat démocratique et laïc, a relevé que les valeurs morales chrétiennes y étaient encore préservées. «Nous sommes profondément convaincus qu’Etat démocratique ne signifie pas forcément laïcisation totale, éviction de la religion et des valeurs morales de la vie de la société», a déclaré le patriarche Cyrille.

Et d’exprimer son inquiétude devant les processus en cours dans les pays occidentaux, «où les valeurs religieuses et traditionnelles sont mises au ban de la société, déclarées incompatibles avec une organisation démocratique et laïque de la vie sociale».

Défense des valeurs chrétiennes

«La Russie est aussi un Etat laïc, mais il y a au parlement un groupe inter-fractions de députés, qui s’efforcent de défendre les valeurs chrétiennes dans notre pays. Ce n’est pas seulement l’affaire de l’Eglise. Des députés, des membres actifs de la société s’en occupent aussi».

Le patriarche de Moscou a rappelé son attachement à la Suisse. | © Patriarcat de Moscou.

Le patriarche Cyrille relève ses bons rapports avec le parlement et le dialogue avec les partis politiques. «L’Eglise ne soutient aucun d’eux en particulier, ni de droite, ni de gauche, ni du centre, mais elle dialogue avec chacun des partis représentés au parlement, et nous apprécions de pouvoir échanger et apporter notre contribution au développement du pays, notamment au développement de la démocratie. Mais l’essentiel reste pour nous la protection des valeurs morales sans lesquelles la vie humaine est en grand danger».  

Jean-René Fournier a déclaré partager la conviction du patriarche Cyrille sur le fait que le principe de laïcité d’un état ne signifie pas négation des valeurs religieuses, des valeurs chrétiennes. Outre la situation conflictuelle de l’Eglise en Ukraine, le parlementaire suisse a fait part de son inquiétude devant l’indifférence des pays européens aux questions de foi et aux valeurs religieuses.

Résoudre ensemble les problèmes de la planète

Rappelant que des élections parlementaires auront prochainement lieu en Suisse, le patriarche a témoigné que les problèmes qui inquiètent l’électeur suisse – l’inégalité sociale, les problèmes écologiques, le changement climatique, les processus migratoires – inquiètent aussi les Russes et la population d’autres pays. «Cela veut dire que ce sont des problèmes globaux, ils ne sont pas propres à un pays ou à une culture. Je suis profondément convaincu que nous devons les résoudre ensemble».

Remerciant le patriarche Cyrille pour son accueil, Jean-René Fournier a affirmé qu’il ne serait pas raisonnable d’essayer de comprendre la Russie d’aujourd’hui «sans un dialogue profond avec l’Eglise orthodoxe russe, sans avoir de contacts avec elle».  »Je ne suis pas seulement venu en tant que président de la Chambre des cantons, mais aussi comme confrère dans la foi chrétienne», a déclaré le parlementaire valaisan, rappelant qu’il avait été élevé dans la foi catholique et était membre d’un parti dans la dénomination duquel figure le mot «chrétien», relève le Patriarcat de Moscou. (cath.ch/mospat/be)

Attachement à la Suisse
Le primat de l’Eglise orthodoxe russe a souligné qu’il était particulièrement attaché à la Suisse. Il a assuré qu’il n’avait sans doute visité aucun pays autant de fois que la Suisse, parce que les organisations internationales sont basées à Genève qu’il a eu souvent à s’y rendre. «J’y ai même vécu plus de trois ans, lorsque je représentais notre Eglise au Conseil œcuménique des Eglises (COE) et auprès d’autres organisations internationales».  
Le patriarche Cyrille a expliqué que l’Eglise orthodoxe russe était présente en Suisse depuis 1816, date à laquelle des premières paroisses ont été créées à Berne et à Genève. Aujourd’hui, un certain nombre de Russes orthodoxes résident en Suisse. Des prêtres du Patriarcat de Moscou assurent la pastorale de ces fidèles.  JB

Jean-René Fournier a été reçu par le patriarche de Moscou le 14 octobre 2019. | © Patriarcat de Moscou.
16 octobre 2019 | 11:46
par Jacques Berset
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