En vue du Jubilé de l’an 2000, une première depuis les croisades
Jérusalem: Accord des Eglises chrétiennes pour une nouvelle porte au saint Sépulcre
Jérusalem, 3 novembre 1998 (APIC) Après 5 années de querelles, les trois principales Eglises chrétiennes de Jérusalem – grecque orthodoxe, catholique de rite latin et arménienne – sont parvenues lundi à un accord de principe sur l’ouverture d’une nouvelle porte au saint Sépulcre. Pour toute innovation modifiant les protocoles du «statu quo» de 1852 réglant la propriété et l’utilisation des lieux saints, datant de l’empire ottoman, le consensus des trois Eglises est absolument nécessaire.
Selon le quotidien israélien «The Jerusalem Post» de mardi, la décision a été prise lors d’une rencontre entre le Ministère israélien du Tourisme Moshe Katsav, le vice-ministre israélien des Affaires religieuses Yigal Bibi et des représentants des patriarches grec-orthodoxe et arménien et le custode franciscain, chargé des lieux saints de Terre Sainte. Selon Moshe Katsav, il a fallu cinq ans pour convaincre les responsables des trois Eglises de la nécessité de percer une porte supplémentaire. L’endroit n’a cependant pas pu être encore fixé.
Uri Mor, directeur du Département pour les communautés chrétiennes au Ministère israélien des Affaires religieuses, a précisé que la sortie projetée ne sera utilisée qu’en cas d’urgences. Il s’agit d’une sortie de secours, afin de rendre les lieux plus sûrs pour les pèlerins et les touristes qui, surtout à Pâques, se pressent par milliers dans l’étroit édifice pour venir y allumer des cierges. Cela permettra également de laisser entrer plus de monde à l’occasion du Jubilé de l’an 2000.
Les clefs aux mains d’une famille musulmane depuis le XIIème siècle
Le responsable israélien révèle que, depuis l’époque des croisades, c’est la première fois que l’on ajoute une porte supplémentaire au vénérable édifice, qui comptait alors 12 entrées. Le site du tombeau du Christ est considéré par beaucoup comme l’endroit le plus sacré de la chrétienté. Lors de la conquête de Jérusalem par le musulman Saladin (Salah e-Din) en 1178, toutes les portes sauf une furent scellées et les clefs remises à une famille musulmane. Les clefs sont aujourd’hui encore confiées à une famille musulmane.
Uri Mor a déclaré à l’APIC que c’est le gouvernement israélien – qui a repris cette responsabilité du gouvernement jordanien depuis l’occupation israélienne de Jérusalem en 1967 et son annexion – qui est chargé de faire respecter le «statu quo» de 1852. Pour finir les réparations à l’intérieur du saint Sépulcre pour l’an 2000, relève Uri Mor, depuis dix ans responsable du respect du statu quo des lieux saints, «c’est finalement le gouvernement israélien qui met un demi-million de dollars à disposition pour effectuer les travaux nécessaires: les différentes Eglises chrétiennes ne sont pas parvenues à s’entendre après 25 ans de discussions…» (apic/jpost/be)



