Jérusalem: Congrès d’études international sur «Pie XII et l’Holocauste»
La vision sur le rôle de Pie XII durant l’Holocauste évolue
Jérusalem, 8 mars 2009 (Apic) A quelques semaines du voyage de Benoît XVI en Terre sainte, prévu pour mai 2009, un congrès d’études international sur «Pie XII et l’Holocauste» se tient les 8 et 9 mars à Yad Vashem, à Jérusalem, en partenariat avec le Centre d’études théologiques salésien «Studium Theologicum Salesianum Saints Pierre et Paul».
Les discussions, auxquelles participe notamment Mgr Antonio Franco, nonce apostolique en Israël, portent entre autres sur le rapport entre Pie XII et l’Holocauste – l’extermination des juifs par les nazis – et la situation en Italie pendant la «shoah».
A Yad Vashem, une légende contestée sous une photo de Pie XII
C’est au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem que se trouve une légende contestée sous une photo de Pie XII (1939-1958). En septembre dernier, le Père Peter Gumpel, postulateur de la cause de béatification de Pie XII, avait accusé le Musée de l’Holocauste de Jérusalem de «falsification de l’histoire». Ainsi, expliquait le jésuite, Yad Vashem n’a de cesse de présenter Pie XII comme un pape «qui n’a rien fait» pour sauver les juifs. L’association américaine de dialogue interreligieux «Pave the way» (ouvrir la voie), avait également demandé que le mémorial de la shoah à Jérusalem retire de son exposition permanente un texte qu’elle juge diffamatoire pour Pie XII.
La légende de la photo de Pie XII exposée dans l’une des salles du musée Yad Vashem présente le pape comme un personnage controversé en raison de son comportement face au génocide. En avril 2007, Mgr Antonio Franco, alors nonce apostolique en Israël, avait refusé de se rendre aux commémorations annuelles de la shoah au mémorial de Yad Vashem, dénonçant la manière dont Pie XII y était présenté.
Le 6 mars dernier, l’ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège, Mordechay Lewy, a tenu à minimiser la portée de ce congrès international. Selon le diplomate, il s’agit seulement d’un échange entre experts sur le rôle historique d’Eugenio Pacelli comme secrétaire d’Etat puis comme pape pendant la seconde guerre mondiale. «Un échange d’informations et d’expériences, (…) rien de plus, rien de moins», a insisté Mordechay Lewy.
Deux écoles de pensée
Les historiens et les chercheurs qui participent à cette rencontre appartiennent à deux écoles de pensée, l’une, la plus critique à l’égard de Pie XII, et l’autre, qui apprécie son oeuvre. Pour certains, Pie XII aurait été un spectateur indifférent de l’Holocauste qui, par son silence, se serait rendu complice de l’horrible tragédie qui se consumait. D’autres chercheurs et historiens, cependant, soutiennent depuis quelque temps une thèse totalement opposée, qui donne une évaluation positive de l’oeuvre de Pie XII: il aurait agi pour limiter par tous les moyens possibles les effets de l’Holocauste, parfois avec des résultats efficaces.
Cette dernière position historiographique s’appuie sur des documents historiques d’archives et sur des témoignages oraux et écrits des protagonistes. Ces auteurs qui exaltent l’action de Pie XII pour le sauvetage des juifs proposent des conclusions en faisant abstraction de leur appartenance ethnique et religieuse. Parmi eux, on trouve un certain nombre de savants juifs.
Des savants juifs soutiennent l’action de Pie XII
Ces dernières années, de nombreux livres et de nouveaux articles ont été publiés, et par conséquent un nouveau matériel a été présenté, permettant de mettre en lumière de nouveaux aspects, qui ont besoin d’être confrontés et synthétisés, pour voir s’il y a quelque chose de nouveau ou quelque chose qu’il faut entièrement revoir.
Parmi les différents sujets que les historiens ont mis au programme, il y a la période antérieure à la papauté de Pie XII; les rapports avec les évêques allemands; Pie XII et l’Holocauste; la situation en Italie pendant la période de l’Holocauste; la période postérieure à l’Holocauste. (apic/fides/be)



