Déficit démographique: Israël aide les juifs français à immigrer
Jérusalem: Israël accuse la France d’être le pays le plus antisémite d’Europe
Jérusalem, 10 janvier 2002 (APIC) Pour faire face au déficit démographique de la population juive et à la croissance plus rapide de la population palestinienne, le gouvernement israélien promet une aide spéciale aux juifs de France pour immigrer en Israël. Le gouvernement israélien accuse par ailleurs la France d’arriver en tête de tous les pays européens pour les actes antisémites.
Les autorités israéliennes ont annoncé mardi l’octroi d’une aide spéciale aux nouveaux immigrants juifs de France pour encourager l’immigration en provenance de ce pays qui compte une communauté juive de 600 à 700’000 personnes. Il s’agit pour l’Agence juive, une organisation soutenue par l’Etat hébreu et chargée de l’immigration des juifs en Israël, d’encourager les juifs vivant à l’étranger et confrontés à la montée de l’antisémitisme de s’établir dans le pays. Ces encouragements à l’immigration s’inscrivent dans un contexte de chute de 25 % de l’immigration en 2001, en raison de l’intifada palestinienne et de la récession en Israël.
Porte-parole de l’Agence juive, Yehouda Weinraub a déclaré à la presse que les immigrants juifs de France vont bénéficier de la même aide financière que les immigrants en provenance de l’ancienne Union soviétique. Elle sera légèrement inférieure à l’aide accordée aux juifs d’Afrique du Sud et d’Argentine, qui restent deux réservoir d’une immigration qui se ralentit depuis le début de la deuxième «intifada» palestinienne. Dans ce contexte, le rabbin Michael Melchior, vice-ministre israélien des Affaires étrangères a affirmé dimanche que «la France est le pire des pays occidentaux pour le nombre de cas d’agressions et d’incidents antisémites». Il a accusé les autorités françaises de ne pas prendre au sérieux ces menaces.
De son côté, l’ambassadeur d’Israël en France, Elie Barnavi, a relevé l’augmentation des incidents antijuifs en France depuis le début des violences israélo-palestiniennes, le 28 septembre 2000. Dans une interview au quotidien «La Croix», Barnavi relève que «les actes antisémites sont dus essentiellement à une population maghrébine appartenant à la troisième génération de l’immigration». L’ambassadeur israélien l’explique par un problème d’intégration et de mal de vivre de ces jeunes «à qui le Proche- Orient sert d’exutoire». Il affirme que les actes d’hostilité envers les juifs dans les banlieues sensibles sont quotidiens: «Les gens ont peur. Je crains un jour qu’il y ait mort d’homme».
Stagnation de l’antisémitisme aux vieilles racines chrétiennes
Par contre, note Elie Barnavi, la forme classique de l’antisémitisme né à la fin du XIXe siècle et qui a de vieilles racines chrétiennes ne progresse pas mais concernerait en France «10% d’antisémites irréductibles», selon les chercheurs. Une proportion, affirme-t-il, qui peut varier jusqu’à 30% selon le type de question que posent les enquêteurs. Concernant l’importance politique de la communauté juive en France, l’ambassadeur israélien déclare au quotidien catholique français: «Il n’y a pas de vote juif». En revanche, assure-t-il ” à propos des citoyens français d’origine arabe, «il va y avoir de plus en plus un vote arabe». De façon paradoxale, malgré la peur des actes antisémites, Elie Barnavi n’incite pas les juifs de France à émigrer, car «je ne pense pas qu’ils soient en difficulté. Mais vu d’Israël, on peut l’interpréter de cette façon». (apic/cx/orj/be)



