Le Congrès américain fait pression sur Israël

Jérusalem: Israël n’a toujours pas reconnu le patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem Irénée

Jérusalem, 6 août 2002 (APIC) L’Etat d’Israël n’a toujours pas reconnu le patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem, Irénée Ier, élu par le Synode de l’Eglise orthodoxe le 13 août de l’année dernière. Le Congrès américain fait pression sur Israël pour qu’il donne également son agrément, comme l’avaient fait immédiatement après l’élection l’Autorité Palestinienne et la Jordanie, autres parties prenantes à la règle qui prévoit l’accord des gouvernements concernés.

Malgré la demande formelle adressée à Ariel Sharon l’an dernier, rapporte mardi 6 août le quotidien israélien «The Jérusalem Post», le Cabinet israélien n’a pas approuvé l’élection du patriarche Irénée Ier. Une commission interministérielle présidée par Sharon avait pourtant recommandé la ratification de l’élection en avril dernier, mais certains ministres s’y sont violemment opposés, et rien n’a été entrepris.

156 membres du Congrès écrivent au président Bush

La semaine dernière, dans une lettre adressée au président américain George W. Bush, 156 membres du Congrès des Etats-Unis ont demandé que l’on examine les raisons du refus israélien. Parmi les signataires, on note la présence du républicain de New York Ben Gilman, l’un des plus fervents supporters d’Israël au sein du Congrès. Les ultras israéliens ne veulent pas d’Irénée Ier comme patriarche parce qu’ils l’accusent d’être sympathisant de la cause palestinienne.

Selon le «Jerusalem Post», une partie de l’opposition vient d’une prise de position du Père Hana Atalla, un prêtre grec-orthodoxe palestinien, qui fut porte-parole du Patriarcat grec-orthodoxe. Dans une récente interview au Qatar, Atalla aurait qualifié de héros les auteurs d’attentats suicide et affirmé que le Patriarcat a des contacts avec tous les mouvements islamiques. Le Patriarcat s’est distancé de ces affirmations et Irénée Ier a envoyé des lettres de condoléances, notamment au président israélien Moshe Katsav, après des attentats de kamikazes palestiniens.

D’après des sources officielles, le gouvernement israélien a été soumis à des pressions diplomatiques répétées de la part de la Grèce – d’où est originaire le patriarche grec-orthodoxe – afin qu’il approuve l’élection d’Irénée Ier. Des observateurs relèvent que le problème est plus terre à terre: il s’agit de la question des importantes propriétés foncières du Patriarcat de Jérusalem convoitées par Israël. Les opérations immobilières du Patriarche Diodoros, prédécesseur d’Irénée Ier, avaient donné lieu à de nombreuses interrogations et suscité la colère des fidèles palestiniens de son Eglise. Le nouveau patriarche s’est engagé à agir en toute transparence dans le domaine des propriétés de l’Eglise, mais également à revoir les transactions opérées au cours des dernières années avec les promoteurs israéliens. (apic/jpost/be)

6 août 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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