Israël n’a pas encore reconnu le successeur d’Irineos

Jérusalem: L’intronisation du nouveau patriarche grec-orthodoxe met Israël dans l’embarras

Jérusalem, 25 novembre 2005 (Apic) L’intronisation du nouveau patriarche grec-orthodoxe en Terre Sainte, Theophilos III, met Israël dans l’embarras. L’Etat hébreu n’a pas encore reconnu Theophilos III, qui a remplacé le patriarche Irineos. Ce dernier a été destitué par ses évêques après un scandale portant sur la vente et la cession de biens immobiliers de l’Eglise à des investisseurs liés à des groupes juifs ultranationalistes.

Le président grec, Karolos Papoulias, a conduit une délégation de personnalités politiques et religieuses de Grèce, qui a participé à la cérémonie qui eu lieu le mardi 22 novembre dans la soirée en l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. Karolos Papoulias a salué la nomination de Theophilos comme «un nouveau commencement» pour l’Eglise.

Le Patriarcat appelé à sortir de la «mer de corruption et de fraude»

Agitant des drapeaux grecs et chypriotes, des centaines de participants – membres du clergé et fidèles grecs-orthodoxes – ont assisté à cette cérémonie solennelle. La foule scandait le mot grec Axios (»Vous êtes digne») alors que Theophilos était intronisé, entouré de membres du clergé, vêtus de robes noires. Il a ensuite prononcé une allocution en promettant que le Patriarcat «allait sortir de la mer de corruption et de fraude».

«C’est seulement sous les auspices des Saints Pères et de l’Esprit Saint que nous pourrons tirer le vaisseau qu’est notre Eglise hors de la baie de la corruption et de la tromperie», a-t-il dit. Le gouvernement israélien est encore réticent à abandonner Irineos, écarté à cause de la vente des biens de l’Eglise à des investisseurs juifs et israéliens.

Selon une tradition remontant à plusieurs siècles, un nouveau patriarche grec-orthodoxe à Jérusalem doit être confirmé par les dirigeants de la Terre Sainte, dans ce cas Israël, l’Autorité palestinienne et la Jordanie. La cession de biens immobiliers avait provoqué la colère de la communauté grecque-orthodoxe, très unie en Terre Sainte, dont la plupart des paroissiens palestiniens sont hostiles à la vente de biens de l’Eglise à des Israéliens.

Parmi les propriétaires immobiliers les plus importants à Jérusalem

Le Patriarcat grec-orthodoxe est l’un des propriétaires immobiliers les plus importants à Jérusalem, mais il a aussi des dettes. Le patriarche Theophilos se trouvera confronté à la difficile mission d’assainir les finances de l’Eglise et de rehausser son prestige. Irineos, qui a démenti avoir approuvé les transactions immobilières, a mis en question la validité de sa destitution dans une interview accordée le 22 novembre au journal «Jerusalem Post». Durant la cérémonie d’intronisation, il est resté dans une pièce du Patriarcat, entouré de partisans et de gardes du corps.

Les évêques de l’Eglise ont élu Theophilos, originaire de Messini en Grèce, comme le 140e patriarche de Terre Sainte le 22 août. Le patriarche, âgé de 53 ans, était auparavant métropolite de Tabor en Galilée et secrétaire général du Saint Synode, chargé des relations extérieures. (apic/eni/be)

25 novembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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