Prudence, prudence, estime le Père Jaeger

Jérusalem: La réouverture des négociations entre Israël et le Saint-Siège a débuté

Rome, 7 juillet 2004 (Apic) La réouverture des négociations entre le Saint- Siège et Israël en vue de la conclusion d’un accord financier est un premier pas. Mais qui demande à être confirmé, estime le porte-parole de la Custodie de Terre Sainte, le Père Jaeger, rendu méfiant par les nombreuses tergiversations de l’Etat d’Israël.

La réouverture, le 5 juillet 2004 à Jérusalem, du premier niveau des tractations entre le Saint-Siège et Israël pour la conclusion d’un accord financier est un premier pas «cordial». Mais les deux délégations doivent encore acquérir de véritables pouvoirs de négociations, a déclaré mardi le fransciscain David Maria Jaeger, porte-parole de la Custodie de Terre Sainte sur ondes de Radio Vatican.

Faisant allusion à la rupture des négociations par Israël en août 2003, le franciscain a relevé que lorsqu’on négocie avec un Etat, «il est bon que sa délégation ait les pouvoirs nécessaires pour discuter. Tant que la délégation de quelque Etat que ce soit n’a pas les pouvoirs nécessaires pour conclure des accords, une négociation ne peut progresser». Les tractations devraient se poursuivrent entre le 6 et le 9 septembre 2004. «Que d’ici là les deux délégations aient les pouvoirs de négocier!».

Les trois questions

Les deux délégations conduites respectivement par Mgr Gianfranco Gallone, secrétaire de la nonciature d’Israël, et Gadi Golan, chef du département des Affaires religieuses du ministre des Affaires étrangères israélien, se sont penchés sur trois questions principales.

«La première, souligne le Père Jaeger qui est aussi conseiller de la nonciature, concerne le statut fiscal de l’Eglise. Avant tout, il s’agit de consolider les exemptions que l’Eglise a toujours connues sous les autres régimes et reconnues par des traités internationaux». La seconde est «le désir de l’Eglise catholique de se voir restituer des propriétés ecclésiastiques, dont elle a été expropriée ou qu’elle a perdues au fil des ans». La dernière «concerne la participation de l’Etat au soutien des oeuvres sociales et éducatives de l’Eglise en faveur des populations locales».

Ce sont les points définis, il y a déjà dix ans, souligne le franciscain qui avait contribué à la signature de l’accord fondamental entre les deux Etats, en 1994.

«Il y a désormais une compréhension totale entre les deux parties pour conduire cet accord» avait estimé pour sa part Oded Ben-Hur, ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège, le 18 juin 2004, au sujet de la reprise des négociations entre le Vatican et le Saint-Siège. «Ce serait la clôture historique des négociations entre nos deux Etats pour fêter dignement l’anniversaire des dix ans des relations diplomatiques (15 juin 1994)» avait-il souligné. «Nous espérons que les faits suivront après les promesses», estimait-on alors à la Secrétairerie d’Etat du Vatican, prudente quant à l’issue de ces négociations. (apic/imedia/pr)

7 juillet 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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