Le patriarche Ireneos cherche à rester en place
Jérusalem: Le clergé orthodoxe nomme un nouveau chef à la place de son patriarche
Jérusalem, 31 mai 2005 (Apic) Malgré la résistance du patriarche grec Ireneos 1er, qui cherche par tous les moyens à rester en place, le clergé orthodoxe de Jérusalem s’est choisi un nouveau chef. Les responsables de l’Eglise grecque orthodoxe de Jérusalem ont nommé l’archevêque Petra Cornelios pour diriger de façon temporaire l’Eglise orthodoxe de Terre Sainte, en attendant l’élection d’un nouveau patriarche.
14 membres du Saint-Synode sur 17 ont voté en faveur de l’archevêque Cornelios, pour remplacer temporairement le patriarche déchu Ireneos. Ce dernier été suspendu de ses fonctions et est considéré par sa propre hiérarchie comme «persona non grata dans l’Eglise». Il est accusé d’avoir vendu à des investisseurs juifs deux hôtels appartenant à l’Eglise et situés à l’intérieur de la vieille ville de Jérusalem.
Les nouveaux propriétaires vont certainement tenter de créer une nouvelle implantation juive au coeur de la Jérusalem arabe qui serait un obstacle supplémentaire en cas de traité de paix faisant de la ville arabe la capitale d’un Etat palestinien. L’Eglise orthodoxe a déclaré que les transactions ont été conduites secrètement par son ancien responsable financier, Niko Papadimas, qui a disparu il y a plusieurs mois.
Le patriarche Ireneos affirme qu’il n’était pas au courant de ces ventes controversées. Le gouvernement grec a déjà tiré les conclusions de cette affaire délicate en procurant un nouveau passeport à Ireneos, sur lequel il est écrit «ancien patriarche», selon la presse israélienne.
La base de l’Eglise est palestinienne
Les Palestiniens, qui forment la très grande majorité des fidèles de cette Eglise historique, ne veulent plus être dirigés par des Grecs accusés de brader leurs terres. A la tête d’environ 100’000 fidèles en Terre Sainte, le patriarche grec-orthodoxe refuse de démissionner et rejette les accusations de fraude. Ireneos, censuré par son propre clergé, s’est également isolé du Patriarcat oecuménique de Constantinople, qui demande son retrait.
Le patriarche Ireneos 1er a été officiellement destitué de ses fonctions le 24 mai par les chefs des Eglises orthodoxes réunis en synode à Istanbul, en Turquie. A la suite de ces événements qui perturbent sérieusement le patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem, le ministre israélien Tzahi Hanegbi, en charge de Jérusalem, a mis sur pied une commission d’enquête. Elle sera chargée de prendre d’éventuelles mesures. Pour pouvoir exercer ses fonctions, le patriarche élu doit obtenir la reconnaissance officielle d’Israël, de la Jordanie et de l’Autorité palestinienne.
A noter que l’Etat d’Israël avait mis beaucoup de temps à reconnaître l’élection d’Ireneos comme patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem, contrairement à l’Autorité palestinienne et à la Jordanie, autres autorités politiques sur le territoire du Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem. Il n’est pas sûr qu’Israël va décider de collaborer avec le métropolite Cornelios, car le gouvernement ne va pas soutenir quelqu’un qui s’oppose par principe à la vente de propriétés, dans la ville arabe de Jérusalem Est, à des promoteurs juifs. (apic/haar/be)



