Protestations tous azimuts de juifs américains et d’Israël
Jérusalem: Le COE prône des mesures économiques contre les intérêts israéliens
Jérusalem, 27 février 2005 (Apic) Le gouvernement israélien et des organisations juives des Etats-Unis ont critiqué le Conseil oecuménique des Eglises (COE). Celui-ci a exhorté ses Eglises membres à envisager des mesures économiques, y compris le boycott, pour protester contre l’occupation israélienne des territoires palestiniens.
Le COE s’est en outre félicité de l’action de l’Eglise presbytérienne (Etats-Unis) qui a entrepris l’an dernier de retirer progressivement certains investissements qu’elle avait dans des sociétés multinationales impliquées dans l’occupation.
«Nous sommes très préoccupés par la décision du COE», a déclaré un porte-parole du Ministère des affaires étrangères d’Israël, Mark Regev, à l’agence oecuménique ENI. «Nous pensons que cette sorte de décision partiale n’est pas du tout utile et constructive alors qu’il y a un nouvel espoir et qu’Israël a décidé de se retirer de Gaza et de démanteler les colonies de peuplement dans une partie de la Cisjordanie.»
Le Comité central du COE s’est en effet félicité le 21 février de l’action de l’Eglise presbytérienne des Etats-Unis, qui a entrepris de retirer progressivement certains investissements qu’elle avait consentis dans des sociétés multinationales impliquées dans l’occupation. Il a exhorté ses 347 Eglises membres à envisager des mesures économiques qui soient «équitables, transparentes et non violentes» pour protester contre les activités illégales dans les territoires palestiniens occupés.
Le Conseil oecuménique des Eglise (COE) a en effet exhorté ses membres à envisager des mesures économiques pour faire pression contre l’occupation israélienne des territoires palestiniens.
Inacceptable complicité
«Des sociétés multinationales ont participé à la démolition de foyers palestiniens, et participent à l’installation de colonies de peuplement et de l’équipement nécessaire à l’établissement des populations dans les territoires occupés, à la construction du mur de séparation qui, par ailleurs, empiète largement sur les territoires occupés, et à d’autres violations du droit international», a déclaré le Comité central du COE, réuni à Genève.
«Il faut se féliciter de cette décision, du procédé et de la méthode, qui applique des critères enracinés dans la foi et engage les fidèles à ’trouver la paix’», a affirmé le Comité central en se référant à un texte biblique (Luc 19,42).
Le Comité central a encouragé les 347 Eglises membres du COE «à envisager sérieusement des mesures économiques qui soient équitables, transparentes et non violentes».
Les Eglises qui investissent des fonds «peuvent en faire un usage responsable en favorisant un règlement pacifique du conflit», a lancé le Comité central. «Les pressions économiques, exercées judicieusement et ouvertement, constituent un bon moyen d’action.»
La décision de l’Eglise presbytérienne (Etats-Unis) en juillet 2004 de commencer un processus de désengagement a provoqué une avalanche de réactions parmi les groupes juifs aux Etats-Unis. En défendant leur proposition, les représentants presbytériens ont certes constamment affirmé le droit d’Israël à la sécurité et condamné les actes terroristes contre Israël, mais aussi affirmé le droit à l’existence du peuple palestinien.
Société américaine également visée
Le Comité central du COE a réaffirmé dans une précédente déclaration que «les critiques dirigées contre la politique du gouvernement israélien n’étaient pas en soi anti-juives.» Il a demandé que «l’indépendance politique et l’intégrité territoriale de tous les pays de la région, y compris Israël, soient effectivement garanties par la communauté internationale.
Récemment, un groupe juif américain a appelé l’Eglise presbytérienne des Etats-Unis à suspendre son projet de désengagement sélectif des fonds de l’Eglise dans des entreprises qui profitent de l’occupation israélienne en Cisjordanie et à Gaza. Dans une lettre datée du 16 février, le Centre Simon Wiesenthal, dont le siège est à Los Angeles, demande en effet à l’Eglise presbytérienne de revenir sur sa décision. Cette dernière n’a pour l’heure par réagi à cette demande.
Au contraire. Plusieurs appels ont été lancés hors d’Israël demandant le boycott de la société Caterpillar des Etats-Unis qui fournit des bulldozers à l’armée israélienne. (apic/eni/pr)




