Climat tendu et tentatives d’immixtion israélienne
Jérusalem: Le nouveau patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem s’appelle Irinaios Ier
Jérusalem, 13 août 2001 (APIC) C’est dans un climat tendu en raison de la grève générale décrétée par les Palestiniens et après des tentatives d’immixtion israéliennes qu’a été élu lundi le successeur du patriarche de Jérusalem Diodoros Ier, décédé le 20 décembre dernier. Le nouveau patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem s’appelle Irinaios Ier. Membre du Saint-Synode, ce moine grec de 62 ans, originaire de l’île de Samos, porte le titre de métropolite de Hierapolis, aujourd’hui en Turquie.
Le métropolite Irinaios, exarque du Saint-Sépulcre à Athènes, a obtenu sept voix, tandis que les métropolites résidant à Jérusalem, Timotheos et Kornelios, en recevaient chacun cinq. L’élection a eu lieu dans le «katholicon» de la Basilique du Saint-Sépulcre, dans la partie arabe de Jérusalem, occupée par les Israéliens. Cette élection met un terme à une âpre bataille pour l’un des postes les plus en vue au sein de la communauté chrétienne de Terre Sainte, l’Eglise grecque-orthodoxe étant considérée comme le premier pilier de l’»Eglise-mère» de Jérusalem.
L’élection connaît deux paliers: lors de la première étape, 50 hauts responsables du patriarcat de Jérusalem, la plupart d’origine grecque, ont élu les trois candidats au titre de patriarche, sur une liste de 15 candidats possibles. Lors de la seconde étape, ce sont les 17 membres du Saint Synode – tous Grecs – qui ont choisi l’un des trois candidats lors d’un vote à bulletin secret ballot.
Le ministre Meir Sheetrit forcé de battre en retraite
Le résultat est ensuite transmis aux autorités jordaniennes, israéliennes et palestiniennes pour une approbation formelle. Après cette procédure, le nouveau patriarche prendra officiellement ses fonctions. Le résultat du vote intéresse évidemment l’Etat d’Israël, car le patriarcat possède des milliers d’hectares de propriétés en Israël, en Jordanie et dans les territoires palestiniens occupés, ainsi qu’en Turquie, à Chypre et en Grèce. Sur ces terrains se trouvent notamment des monastères, des églises, des institutions éducatives et des écoles, mais également des échoppes, des ateliers, des usines ou des appartements. La vente de terrains de l’Eglise aux Israéliens a suscité plus d’une fois controverses et polémiques au sein de la communauté chrétienne de base, qui est arabe palestinienne.
Diverses forces ont tenté d’influencer l’élection, dont le gouvernement israélien. Le ministre israélien de la Justice Meir Sheetrit a ainsi fait scandale récemment quand il a fait savoir au Patriarcat que le gouvernement israélien avait exclu 5 des 15 candidats au poste de patriarche. Cette décision, prise dans l’entourage du cabinet du Premier Ministre Ariel Sharon et à la Mairie de Jérusalem, a soulevé une tempête de protestations de la part du Patriarcat de Jérusalem, qui a déposé un recours devant la Cour suprême israélienne, rapporte lundi la presse israélienne. Face au tollé provoqué par son ingérence dans les affaires internes de l’Eglise, le ministre Sheetrit a été forcé de battre en retraite et de retirer sa décision.
Soutien à «la juste cause palestinienne»
Selon la presse israélienne, le métropolite Irinaios était l’une des personnalités non grata aux yeux d’Israël, qui a retiré la semaine dernière ses objections concernant les 5 candidats non désirés. Dans un discours suivant son élection, Irinaios a remercié les ecclésiastiques présents, et envoyé ses vœux au roi Abdallah de Jordanie et au président palestinien Yasser Arafat. «Je veux servir l’Eglise et je soutiens le peuple palestinien et sa juste cause», a-t-il lancé. (apic/kna/jpost/haar/be)



