Les Palestiniens ne sont plus en position de faire des concessions
Jérusalem: Le patriarche latin estime que le succès d’Annapolis dépend d’Israël
Jérusalem, 29 novembre 2007 (Apic) Le patriarche latin de Jérusalem estime que le succès de la conférence sur le Proche-Orient d’Annapolis dépend de façon décisive de la «volonté de paix d’Israël». Dans une interview accordée à la Radio Vatican, Mgr Michel Sabbah estime que le noeud du problème vient du gouvernement israélien, car les Palestiniens, qui veulent bien la paix, ne sont plus en position de faire des concessions.
L’Amérique et l’administration Bush semblent avoir la volonté de faire la paix, les Palestiniens aussi, note Mgr Sabbah. Mais il pose la question de fond: «Est-ce qu’Israël veut vraiment faire la paix?» Le peuple israélien veut la paix, insiste-t-il, mais y a-t-il y une volonté sérieuse de faire la paix de la part du gouvernement israélien, se demande-t-il. «Car ceux qui souffrent et les problèmes, c’est du côté palestinien, et le mur (de séparation, ndr) a été fait également pour ne pas voir les souffrances qui se passent au-delà du mur, tout simplement».
A part des attentats isolés qui sèment la peur, poursuit le patriarche latin de Jérusalem, la vie en-deçà du mur est normale. Le noeud du problème, conclut-il, est de savoir si le gouvernement israélien veut vraiment mettre un terme au conflit: «Si Israël veut la paix, la paix se fera!».
Rappelons que dimanche, au cours de l’angélus à Rome, Benoît XVI avait appelé à prier pour le succès de la conférence d’Annapolis, afin d’aboutir à «une solution juste et définitive au conflit qui depuis 60 ans ensanglante la Terre Sainte et a provoqué tant de larmes et de souffrance parmi les deux peuples».
Dans une interview à l’agence de presse catholique italienne SIR, Mgr Sabbah relève que les Palestiniens, qui sont prêts pour faire la paix, ne peuvent plus faire de concessions sur des sujets qui leur sont aussi essentiels que les frontières, la question de Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine, l’unité territoriale de la Palestine qui doit être indivise et pas comme maintenant séparée par le mur, par des barrages militaires et des barbelés.
Mgr Sabbah reconnaît que la société israélienne est divisée, avec ceux d’un côté, particulièrement chez les jeunes, qui veulent que le conflit se termine, et de l’autre ceux qui veulent le statu quo. «Beaucoup va dépendre de la capacité du gouvernement israélien de parler avec l’opposition et de lui faire comprendre que la paix vaut la peine et que c’est la meilleure façon de vivre en sécurité». (apic/be)



