Jérusalem: Le patriarche Michel Sabbah rappelle que Bethléem est «une immense prison»
Bâtir la paix qui semble si difficile, sinon impossible, à atteindre
Jérusalem, 23 décembre 2004 (Apic) Bethléem, la ville de la Nativité encerclée par le haut mur de séparation placé par les Israéliens, est devenue «une immense prison», écrit le patriarche latin de Jérusalem dans son message de Noël. Mgr Michel Sabbah souhaite un Noël béni et joyeux «pour tous ceux qui cherchent la paix et la justice dans cette Terre Sainte».
Le chef de l’Eglise catholique en Terre Sainte dit son espoir de paix, mais il cite le psaume (85:9): «J’écouterai ce que dit Dieu, l’éternel; car il parle de paix à son peuple et à ses fidèles, pourvu qu’ils ne retombent pas dans la folie.» Alors que nous célébrons Noël, écrit-il, «nous prions, nous prions plus que jamais, nous jeûnons et purifions nos coeurs et nos intentions pour que nous puissions être remplis de sa sainteté, de sa vie, de son amour, et de la force de l’esprit qui sont nécessaires pour bâtir la paix qui semble si difficile, sinon impossible, à atteindre».
Le courage de la paix
Certes, commente le patriarche Michel Sabbah, des perspectives de paix se dessinent: «Nous espérons que la paix va en effet venir, après tant de prières, tant de vies sacrifiées, tant de larmes, et tellement de souffrances». Et le patriarche latin d’espérer que les responsables politiques auront le courage nécessaire pour signer une paix juste et définitive et pour accepter les sacrifices douloureux pour eux-mêmes personnellement ou pour leur peuple.
Le patriarche de Jérusalem estime que «chacun de nous a sûrement tiré les leçons de la violence passée qui a détruit l’image de Dieu tant chez les auteurs que chez les victimes, chez les oppresseurs que chez les opprimés».
Mgr Sabbah est contraint d’admettre que ces dernières années, le conflit israélo-palestinien a fait de nombreuses victimes, beaucoup de peur, de maisons démolies, de terres agricoles dévastées, et «nous sommes toujours au même point!».
Israéliens et Palestiniens sont destinés à vivre ensemble en paix
Les Israéliens sont toujours préoccupés par leur sécurité, et les Palestiniens continuent d’aspirer à la fin de l’occupation, à leur liberté et à leur indépendance. «Pourtant, les deux peuples sont destinés à vivre ensemble en paix. C’est notre conviction, et nous croyons que cela reste possible».
Mgr Sabbah estime que c’est le rôle des responsables des deux peuples de faciliter des deux côtés la libération de la peur et de donner des raisons d’espérer. Actuellement, les leaders palestiniens se préparent pour les élections dans un grand calme et ils ont adopté des plans pour la paix.
Le mur de séparation ne fait qu’augmenter la haine
Les responsables israéliens sont invités à faire de même en mettant un terme à leurs interventions militaires et en stoppant la construction du mur de séparation, «qui ne séparera ni ne protégera jamais réellement, et bien au contraire ne fera qu’augmenter la haine et l’ignorance de l’autre!». Les Israéliens doivent également cesser la chasse à ceux qu’ils veulent arrêter. Cette chasse, à ses yeux, ne fait qu’accroître le nombre de prisonniers et de morts.
Pour le patriarche latin de Jérusalem, la paix ne peut pas être prise en otage par ceux qui continuent à considérer la violence comme un moyen d’obtenir la justice et la paix. La paix et la sécurité ne peuvent être à ses yeux produites que par des «coeurs amis». Aucun des deux peuples n’est condamné à continuer d’offrir sa jeunesse à la mort. «Les Israéliens ne sont pas condamnés à vivre éternellement dans l’insécurité et la guerre. De la même façon, les Palestiniens ne sont pas condamnés à vivre éternellement en demandant la fin de l’occupation et à rester sur la route de la mort». (apic/com/be)



