Jérusalem: Mgr Bürcher reçu par les présidents israélien Katsav et palestinien Abbas

«La situation du Moyen-Orient sera décisive pour la paix mondiale»

Jérusalem/Lausanne, 16 janvier 2005 (Apic) Président de l’organisation «Catholica Unio Internationalis», Mgr Pierre Bürcher a été reçu durant la semaine par les présidents israélien Moshé Katsav et palestinien Mahmoud Abbas. L’évêque auxiliaire de Lausanne, Genève et Fribourg a rencontré les deux responsables politiques à Jérusalem et à Ramallah, en compagnie d’évêques américains, canadiens et européens.

A la suite de ces rencontres, Mgr Pierre Bürcher estime que l’année 2005 sera décisive pour l’avenir du monde entier. «De Bagdad à Gaza, de Strasbourg à Ankara, d’Abidjan à Kinshasa, écrit-il, la route devra passer par Jérusalem. Je suis convaincu, en effet, que la situation du Moyen- Orient sera décisive pour la paix mondiale. L’impact et le traitement des courants musulmans dans de très nombreux pays détermineront l’avenir de la planète entière.»

Le dialogue interreligieux, grand défi du troisième millénaire

Le président de la Catholica Unio Internationalis (CUI) estime – qu’on le veuille ou non -, que l’avenir politique mondial est lié à la situation des grandes religions et notamment à celle de l’islam. «Je suis convaincu que le dialogue interreligieux est le grand défi du troisième millénaire», lance-t-il. Et d’estimer qu’une page d’histoire s’est tournée avec la mort de Yasser Arafat.

Arafat repose maintenant sous un parterre de fleurs dans la cour de son bunker, poursuit Mgr Bürcher. Il avait dit à Bill Clinton, en janvier 1999 déjà, que lorsque son heure viendra, il sera remplacé par son frère Abou Mazen (Mahmoud Abbas). «Son ami de quarante ans vient d’être élu», constate Mgr Bürcher. Qui a rencontré Mahmoud Abbas jeudi à Ramallah, en compagnie d’évêques américains, canadiens et européens venus à Jérusalem pour la Conférence annuelle avec les Ordinaires de Terre Sainte. Le bunker présidentiel n’a pas encore changé, c’est le même que l’an dernier, avec ses pans de mur détruits et ses locaux délabrés, commente l’évêque auxiliaire.

A la veille de la rencontre, les chrétiens locaux ont sollicité les évêques occidentaux afin qu’ils demandent au nouveau président palestinien «de mettre en pratique maintenant ses promesses électorales». A la délégation épiscopale venue lui rendre visite, Abou Mazen a assuré vouloir s’engager «pour que tous les croyants soient traités à l’avenir en toute justice et équité». Mgr Bürcher estime que ce n’est pas rien pour cette terre meurtrie encore actuellement par tant d’injustice et de violence.

Les déclarations de bonnes intentions ne suffisent pas.

Mahmoud Abbas et le nouveau gouvernement israélien parviendront-ils à remettre à l’ordre du jour la fameuse «feuille de route» qui devrait mener à la paix? «On sait trop bien que le processus de paix est encore bloqué par l’occupation israélienne, la poursuite des implantations et des violences entre l’armée israélienne et les extrémistes palestiniens. Et le mur continue à s’élever», commente l’évêque suisse.

«Tout cela alimente le terrorisme dont ne veut plus pourtant, comme nous l’a déclaré, lors de notre visite, son collègue le président israélien Katzav. Les deux hommes se sont rencontrés ces jours. Ils partagent, au moins en paroles comme nous l’on dit beaucoup de chrétiens, les mêmes projets de paix. Mais les déclarations de bonnes intentions ne suffisent pas…»

Ces prochaines semaines vont donner le ton, estime Mgr Bürcher, car Mahmoud Abbas connaît les défis qui l’attendent. Les conditions de vie en territoire occupé sont devenues insupportables. Bethléem, Ramallah et les autres localités connaissent une situation économique désastreuse et un taux de chômage très élevé. De nombreuses familles ont émigré. D’autres heureusement sont prêtes à tout pour pouvoir rester dans leur pays. «Aidez- nous, nous a-t-on supplié, à mettre en place des projets de travail pour nos familles chrétiennes. Une nouvelle révolte peut tout faire chavirer. Un attentat peut tout remettre en question. Le monde entier en subira les conséquences», ont-ils déclaré à l’attention de Mgr Bürcher. (apic/com/be)

16 janvier 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!