Des graffitis insultants contre les bureaux du Grand rabbinat

Jérusalem: Nouvelle marque d’hostilité des extrémistes juifs contre Jean Paul II

Jérusalem, 28 février 2000 (APIC) La visite, le mois prochain, du pape Jean Paul II en Israël et à Jérusalem, suscite une levée de boucliers dans les milieux extrémistes juifs et les marques d’hostilité se multiplient. Dimanche matin à Jérusalem, des inconnus ont sprayé des slogans insultants à l’égard du pape contre la façade des bureaux du Grand rabbinat.

Depuis une semaine, un groupe clandestin juif qui se fait appeler «Quartier général contre la visite en Terre Sainte du pape», a fait savoir qu’il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher ou troubler la visite de Jean Paul II. En des termes virulents, le pape est accusé par sa venue de «contaminer notre Terre sainte».

«Idolâtre malfaisant»

Il s’agit pour ces extrémistes, que la police israélienne soupçonne d’être des activistes du mouvement d’extrême droite anti-arabe «Kach» de feu le rabbin fascisant Meïr Kahane, d’éviter le «péché contre Dieu» signifié par cette visite. Le groupe a lancé une campagne d’affichage à Jérusalem annonçant son intention de s’opposer à cette visite. Les affiches posées dans le quartier juifs ultra-orthodoxe de Mea Shéarim à Jérusalem, qualifient le pape d’»idolâtre malfaisant».

La police de Jérusalem cherche activement les suspects qui ont sprayé des phrases attaquant violemment Jean Paul II en demandant «Que son nom soit effacé». Les extrémistes, qui s’en prennent à la même occasion aux travailleurs immigrés en Israël, exigent des Grands rabbins d’Israël qu’ils ne rencontrent pas le pape, et qu’ils ne «désacralisent pas le nom de Dieu», révèle lundi le quotidien israélien «The Jerusalem Post».

Le Grand rabbin: pensez à la diaspora juive dans les pays catholiques

Le pape effectuera un pèlerinage historique en Terre Sainte du 20 au 26 mars (Jordanie, Israël, Jérusalem et Territoires autonomes palestiniens). Il est attendu au siège du Grand rabbinat à Jérusalem, où se trouvent les bureaux des Grands rabbins ashkénaze et séfarade. Le Grand rabbin ashkénaze Israël Meïr Lau a condamné ces graffitis, relevant que de telles critiques contre le pape et sa visite en Terre sainte pourraient avoir des répercussions négatives pour les juifs de la diaspora.

Rejetant ces réponses «grossières et violentes», le Grand rabbin a déclaré sur les ondes de la radio israélienne: «Nous avons beaucoup de souvenirs amers sur le rôle de l’Eglise catholique dans le passé, mais nous parlons d’une personne qui représente près d’un milliard de croyants catholiques dans le monde, et de nombreux juifs vivent dans ces pays». Et Israël Meïr Lau de demander que le pape soit reçu «avec respect».

La polémique fait rage dans les milieux religieux en Israël sur le fait que des milliers de policiers et autres personnels israéliens seront de service le 25 mars prochain, jour du sabbat. Le pape célébrera ce jour là une messe à l’occasion de la fête de l’Annonciation du Seigneur. La semaine dernière, le rabbin Arthur Hertzberg avait qualifié la tenue de cette messe, qui désacralise le sabbat aux yeux des juifs religieux, de «gifle à la face de la dignité juive». Le nonce apostolique en Israël, Mgr Pietro Sambi, s’est vu contraint, jeudi dernier, de rencontrer une délégation de rabbins, pour leur expliquer que la visite du pape a été programmée pour coïncider avec cette importante fête chrétienne.

Plaintes à la Cour suprême

Des problèmes pratiques se posent, notamment à Jérusalem, car la municipalité a du mal à trouver des places de parking en nombre suffisant et du personnel pour les surveiller, alors que des milliers de pèlerins et de touristes sont attendus le samedi 25, jour du sabbat.

Carta, l’entreprise chargée du développement du centre de Jérusalem, dirige le garage souterrain de la Porte de Jaffa qui peut accueillir 800 voitures, mais il est fermé le jour du sabbat. La municipalité a demandé à Carta d’employer ce jour-là des travailleurs étrangers au lieu de juifs. Les responsables de la compagnie, en grande majorité des juifs ultra-orthodoxes (»haredis»), ont refusé sous prétexte que cela désacraliserait le sabbat.

A noter qu’un ancien militant du mouvement extrémiste interdit «Kach» a fait appel à la Cour suprême israélienne pour stopper des travaux d’aménagement pour la messe du pape. Noam Federman, également membre de la Société pour la protection de la nature en Israël, veut faire cesser immédiatement les préparatifs au pied du Mont des Béatitudes, près de Korazim, parce qu’ils mettent en danger un environnement protégé et sont de plus réalisés sans les permis requis. (apic/jpost/be)

28 février 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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