Le nouveau patriarche Fouad Twal remplace Mgr Michel Sabbah
Jérusalem: Passage de témoin au patriarcat latin de Jérusalem dimanche 22 juin
Jérusalem, 19 juin 2008 (Apic) La passation de pouvoir entre le nouveau patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, qui remplace Mgr Michel Sabbah, atteint par la limite d’âge, aura lieu en plusieurs étapes, samedi 21 et dimanche 22 juin, au cours de cérémonies au Saint-Sépulcre de Jérusalem.
Un patriarche d’origine jordanienne, formé à Rome dans la diplomatie vaticane, ancien archevêque de Tunis, remplace un prélat d’origine palestinienne, qui s’était profilé dans la défense de son peuple occupé, qu’il s’agisse de chrétiens ou de musulmans.
Né le 19 mars 1933 à Nazareth, en Israël, Mgr Sabbah fut le premier Palestinien à exercer la fonction de patriarche latin de Jérusalem. Il fut pendant 20 ans à la tête des 78’000 fidèles de rite latin répartis, outre Jérusalem, en Israël, dans les territoires gouvernés par l’Autorité palestinienne, en Jordanie et à Chypre. Son successeur, Mgr Fouad Twal, a été nommé coadjuteur de Mgr Sabbah en septembre 2005. Il est né à Madaba, en Jordanie, le 23 octobre 1940. Ordonné prêtre à Jérusalem en 1966, il effectue des études de droit canon à l’Université romaine du Latran puis à l’Académie pontificale ecclésiastique, aussi surnommée «école des nonces».
En 1975, il entre à la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège où il travaille sur les questions relatives à l’Afrique. De 1975 à 1982, il est chargé d’affaires à la nonciature de Tegucigalpa, au Honduras, avant de revenir à la Secrétairerie d’Etat pour être chargé de l’Afrique francophone. De 1985 à 1992, il travaille successivement dans les nonciatures du Caire, en Egypte, de Bonn, en Allemagne et de Lima, au Pérou.
Mgr Fouad Twal est nommé évêque de Tunis en mai 1992 pour succéder au Français Michel Callens. Son ordination épiscopale, en juillet de la même année, est présidée à Amman, en Jordanie, par Mgr Michel Sabbah. En avril 1996, il accueille Jean Paul II venu visiter Tunis une courte journée et l’accompagne, en mars 2000, lors de son voyage en Terre Sainte.
Le membre le plus blessé du diocèse, la Palestine
A Jérusalem, le nouveau patriarche sera accueilli par les plus hauts dignitaires de l’Eglise catholique en Terre Sainte. Samedi en fin d’après-midi, il concélébrera la messe avec Mgr Sabbah dans la concathédrale du patriarcat à Jérusalem, et c’est à cette occasion que sera lue la lettre de nomination du Saint-Siège. Le dimanche 22, le patriarche Fouad Twal fera son entrée solennelle au Saint-Sépulcre, où il sera accueilli à la pierre de l’onction par le custode de Terre Sainte, le franciscain Pierbattista Pizzaballa. Il y prononcera un discours en présence d’une foule nombreuse, et de représentants du corps diplomatique en poste à Jérusalem.
Lundi 23, il célébrera sa première messe comme patriarche au Saint-Sépulcre, puis avant de se rendre dans les jours suivants à Bethléem, dans les territoires palestiniens occupés, pour célébrer la première messe à la Basilique de la Nativité et rencontrer le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas
D’après les observateurs, le nouveau patriarche latin de Jérusalem devrait être «moins politique» et «plus spirituel» que son prédécesseur palestinien, souvent vilipendé par les autorités israéliennes pour avoir pris fait et cause pour les souffrances de son peuple. Dans une interview à la revue «La Terre Sainte», le bimestriel de la Custodie de Terre Sainte (N° 595, mai-juin 2008), le patriarche Fouad Twal estime bien normal de donner une attention particulière au membre le plus blessé du diocèse, la Palestine.
Mais il dit également vouloir consacrer aussi du temps à la Jordanie: «La Jordanie est la quille du patriarcat latin: elle ressemble en effet les deux tiers de nos fidèles – dont plus de la moitié sont d’origine palestinienne – et donne au diocèse 80% de ses séminaristes», affirme-t-il.
Et de rappeler que malgré sa stabilité, la partie jordanienne de son diocèse traverse elle aussi une crise, notamment économique, avec l’afflux des réfugiés irakiens. «L’émigration chrétienne commence à toucher fortement la population jordanienne elle aussi; nous devons travailler ici comme là-bas à donner de l’espoir, des raisons d’espérer, de rester chrétiens au Moyen-Orient». (apic/be)



