Pour un libre accès des Lieux Saints à tous les croyants

Jérusalem: Rencontre historique entre le patriarche latin et les Grands rabbins d’Israël

Jérusalem, 24 mars 1998 (APIC) Rencontre historique lundi entre le patriarche latin de Jérusalem et les Grands rabbins d’Israël. Pour la première fois, les chefs religieux se sont engagés à faire tout pour sauver le processus de paix et empêcher la région de sombrer encore plus dans la violence.

Le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, le Grand rabbin séfarade, Eliahu Bakschi Doron, et le Grand rabbin ashkénaze, Israël Meir Lau, ont échangé des mots fraternels en évoquant leurs racines communes bibliques.

Le Grand rabbin Lau a tenu, a-t-il déclaré, recevoir le patriarche «comme un frère», puisque les catholiques reconnaissent les juifs, comme des «frères aînés» et que juifs et catholiques puisent leur foi à des racines communes enracinées dans la Bible. Il espère que d’autres rencontres semblables seront planifiées à l’avenir. Le Rabbin Bakschi Doron a plaidé pour une pleine ouverture des Lieux Saints, avec un libre accès de tous les croyants, à l’occasion du ramadan ou des fêtes chrétiennes.

Pour le patriarche Sabbah, né à Nazareth et fier d’être Palestinien, «les Israéliens ont le droit de veiller à leur sécurité, mais Jérusalem étant ce qu’elle est, une ville sainte, ils devraient trouver d’autres moyens pour garantir leur sécurité que celui de fermer l’accès de Jérusalem aux autres». Les chrétiens palestiniens des territoires occupés se plaignent en effet régulièrement de l’existence de barrages israéliens qui les empêchent de se rendre à Jérusalem.

Mgr Sabbah a en outre déclaré, à la fin de la rencontre, que «les dirigeants religieux doivent être les éducateurs de la paix». Il a par ailleurs condamné tout acte de violence qu’il soit dirigé contre des Palestiniens ou contre des Israéliens. Faisant allusion au document du Vatican sur la shoah, le patriarche latin estime que les relations entre l’Eglise catholique et le peuple juif ont été marquées par une histoire de persécutions. Le document doit maintenant être perçu dans une perspective de réconciliation et de réparation envers les juifs.

… Les trois responsables religieux ont souligné encore que la violence politique ne devait jamais être liée à la religion. «Il est très dangereux que les gens voient le conflit au Proche-Orient comme un problème religieux», a rappelé le rabbin Bakshi Doron. «Les attaques les plus graves sont faites au nom de Dieu ou de la foi religieuse, mais nous devons tous montrer que ceci n’est pas acceptable».

Les trois dirigeants religieux ont enfin publié un appel appelant les dirigeants israéliens et palestiniens à réaffirmer leur engagement à poursuivre le dialogue pacifique pour mettre fin au conflit dans la région. (apic/kna/eni/ba)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!