Il condamne clairement les violences d’où qu’elles viennent
Jérusalem: Selon le Custode de Terre Sainte, le Palestinien Mahmoud Abbas veut la paix
Jérusalem, 16 janvier 2005 (Apic) Le Custode franciscain de Terre Sainte est confiant que le Palestinien Mahmoud Abbas veut véritablement la paix. Abou Mazen (Mahmoud Abbas), a-t-il souligné, s’est exprimé «de façon plus nette que les phrases diplomatiques de circonstance: il a clairement condamné les violence perpétrés aussi bien du côté palestinien que du côté israélien».
Assistant samedi à Ramallah à la cérémonie d’investiture du nouveau président de l’Autorité nationale palestinienne (ANP), le Père Pierbattista Pizzaballa estime que le successeur élu de Yasser Arafat «a efficacement démontré qu’il voulait s’engager pour le dialogue, en employant plusieurs fois le mot paix dans son discours et en relançant sa volonté de réaliser la feuille de route».
Après la mort de 6 civils israéliens tués au passage de Karni, dans le nord de la Bande de Gaza – une attaque qui a donné un prétexte au Premier ministre israélien Ariel Sharon de rompre tout contact avec l’Autorité palestinienne -, et qui a déjà entraîné la mort d’un nombre supérieur de Palestiniens, l’espoir de paix dans la région semble à nouveau s’évanouir.
«Les difficultés et les violences ont toujours existé et personne n’a jamais pensé que les choses pouvaient changer au Proche Orient d’un jour à l’autre», ajoute le responsable de la Custodie franciscaine. «Je crains même qu’il y aura encore des victimes parce ceux qui ne veulent pas la paix utilisent cette voie pour se faire entendre», a-t-il déploré dans une interview à l’agence de presse missionnaire MISNA.
Alors qu’était investi à Ramallah le successeur de Yasser Arafat, les intégristes du Hamas ont fait savoir qu’ils n’accepteraient pas l’appel au cessez-le-feu lancé par Abou Mazen tant qu’Israël ne cesserait pas ses attaques contre les Palestiniens.
Le nouveau président devra aussi dialoguer avec les extrémistes
«Le nouveau président devra dialoguer avec tout le monde, même avec les extrémistes. Mais pour le moment, il faut lui donner du temps et voir ce qu’il réussira à faire sur le territoire, à partir de la réforme des services de sécurité. On ne peut proposer que le désarmement aux groupes armés, mais il faut aussi garantir des perspectives concrètes de développement pour améliorer les conditions de vie, en particulier dans des endroits où, comme à Gaza, ces formes de violence sont enracinées, où elles sont l’expression d’un fort malaise».
Le gouvernement israélien devra lui aussi se montrer décidé à faire la paix, note le Custode de Terre Sainte, âgé de 39 ans. «Israël doit renoncer à l’usage de la violence et accepter de dialoguer avec les Palestiniens, soulignent-il encore, en mettant en oeuvre les obligations qu’il a toujours acceptées, mais qui ne sont pas toutes respectées, comme le fait de renoncer à de nouvelles colonies, la liberté de mouvement des Palestiniens et la libération de leurs détenus». (apic/misna/be)



