Jérusalem: Soutien luthérien à la «feuille de route» pour la paix au Moyen- Orient

Une authentique possibilité de solution dans la région

Winnipeg/Jérusalem, 3 août 2003 (Apic) La «feuille de route» pour la paix au Moyen-Orient offre une authentique possibilité de solution dans la région, à condition que certaines conditions soient remplies estime la Fédération luthérienne mondiale (FLM), dont la 10e Assemblée a achevé ses travaux en fin de semaine à Winnipeg, au Canada.

Pour l’évêque luthérien de Jérusalem Munib A. Younan, la «feuille de route» du «quartette», où les Etats-Unis jouent un rôle prépondérant, est une «occasion en or» de résoudre les problèmes énormes qui existent entre Israéliens et Palestiniens. La chance de cette «feuille de route» réside dans le fait qu’elle implique sérieusement les Etats-Unis, a déclaré l’évêque Younan à la presse lors de la 10e Assemblée de la Fédération luthérienne mondiale (FLM). «Et nous espérons que les Etats-Unis seront un honnête intermédiaire.»

Evoquant les détails de la «feuille de route», l’évêque Younan a souligné qu’elle était crédible, parce que c’est le premier accord soutenu par un «quartette» – les Nations Unies, les

Etats-Unis, l’Union européenne et la Russie. Mais le vrai test de la «feuille de route», a averti l’évêque Younan, serait la réalisation de certains objectifs et la création d’un Etat palestinien viable aux côtés d’Israël d’ici 2005.

La «feuille de route» doit aussi traiter de la fin de l’occupation militaire des territoires palestiniens par Israël, rappelle l’évêque, en ajoutant que le droit des Palestiniens à retourner dans leurs anciens foyers qui se trouvent à l’intérieur des frontières israéliennes n’est pas négociable.

Le 30 juillet, les délégués de la FLM ont approuvé à l’unanimité une déclaration sur le Moyen-Orient affirmant que la feuille de route offrait une authentique possibilité de solution dans la région «à condition que certaines conditions soient remplies».

Le mur de la honte dénoncé

Devant les journalistes, l’évêque Munib A. Younan a également dénoncé la construction par Israël d’un «mur de séparation» – plus impressionnant que le Mur de Berlin – entre Israël et les territoires palestiniens, qui parfois traverse la zone palestinienne, sépare les paysans de leurs champs et prépare le chemin de nouvelles confiscations de terres palestiniennes.

L’évêque luthérien de Jérusalem a regretté que le président des Etats-Unis, George W. Bush, lors de sa dernière rencontre avec le premier ministre israélien Ariel Sharon, n’ait pas réussi à le convaincre de stopper la construction de cette «barrière de sécurité» prévue, selon les autorités israéliennes, pour empêcher les auteurs d’attentats suicides d’entrer en Israël et dans les colonies juives implantées illégalement au coeur des territoires palestiniens.

Menaces sur la présence chrétienne en Terre Sainte: moins de 2% de la population

«Le mur qui se construit devient de plus en plus haut mais la tâche des Eglises est d’abattre tous les murs», y compris ceux de l’injustice, de la violence, de la méfiance et de la haine réciproque, a lancé l’évêque d’origine palestinienne. Les chrétiens, a-t-il remarqué, même s’ils ne sont pas nombreux, peuvent jouer un rôle particulier de réconciliation dans le processus de paix.

L’évêque Younan s’est également déclaré très préoccupé par la forte émigration des chrétiens palestiniens, qui représentent désormais moins de 2 % de la population. Citant l’exemple de Bethléem, où environ 1’600 des 16’000 habitants chrétiens palestiniens ont quitté la région l’an dernier, il se demande ce que serait la Terre Sainte sans les chrétiens. Pour faire face à cette émigration dramatique, accélérée par l’occupation militaire israélienne qui empêche toute vie normale pour la population civile et étrangle la déjà très fragile économie palestinienne, l’évêque Younan a déclaré que son Eglise, avait l’aide d’autres partenaires, devait améliorer les services dans le domaine de l’éducation, de la santé et du logement pour son peuple. «L’Eglise est le seul espoir pour les populations opprimées de la région, a-t-il affirmé, «car une Eglise vivante condamne l’injustice.»

L’évêque Younan, dont l’Eglise a des paroisses en Jordanie, en Israël et dans les territoires palestiniens, a proposé que les Israéliens restent dans les colonies d’implantation, mais sous régime palestinien. U tel arrangement, a-t-il dit, serait un résultat idéal du processus de paix. (apic/eni/be)

3 août 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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