Censurée sous la pression des ultra-orthodoxes, parce que femme
Jérusalem: Tzipi Livni, la cheffe du parti Kadima, n’est plus sur les affiches électorales
Jérusalem, 27 novembre 2008 (Apic) Tzipi Livni, actuelle ministre des Affaires étrangères d’Israël et cheffe du parti Kadima, n’est plus sur les affiches électorales dans certains quartiers de Jérusalem. La compagnie d’affichage Maximedia en charge de Jérusalem l’a bannie des panneaux publicitaires sous la pression des juifs religieux ultra-orthodoxes, les «haredi». L’entreprise, pour justifier cette censure, a invoqué les risques de vandalisme.
Il faut savoir qu’en Israël, beaucoup de religieux ultra-orthodoxes «haredi», qui ne lisent ni ne regardent les médias non-religieux, ne connaissent même pas le visage de Tzipi Livni. En fait, une grande partie du public «haredi» n’a jamais vu cette politicienne en raison de l’interdiction de publier des photos de femmes dans la presse orthodoxe, explique un journaliste «haredi».
Tzipi Livni a découvert la semaine dernière que son portrait n’apparaît plus sur des dizaines de panneaux de campagne de Kadima à Jérusalem, révèle jeudi 27 novembre le quotidien israélien «Haaretz». La raison en est, ont expliqué ses conseillers, que Maximedia, la compagnie qui a les droits d’affichage pour Jérusalem, interdit d’afficher des photos de femmes dans la ville «de peur d’offenser les sensibilités ultra-orthodoxes».
Livni a refusé de se plier à la ligne adoptée par la municipalité, et a donné l’ordre à son conseiller Reuven Adler de replacer les affiches avec sa photo. La censure municipale a également touché des femmes candidates au Conseil de ville, ainsi que des photos d’enfants qui ne portaient pas la kippa, la calotte que portent les juifs religieux. Les juifs religieux extrémistes vandalisent les bus et les endroits où apparaissent des publicités montrant des femmes. Des slogans publicitaires qui ne leur plaisent pas sont couramment censurés sous prétexte qu’ils peuvent porter atteinte aux ultra-orthodoxes.
Le porte-parole de la Municipalité de Jérusalem, Gidi Schmerling, a déclaré que la Municipalité dispose d’un comité dont le travail consiste à examiner la publicité controversée. Mais il affirme que ce comité n’a presque jamais interdit des publicités soumises à son jugement. Ce sont en fait les diverses compagnies chargées de la publicité qui ont «internalisé» cette sensibilité exprimée par les «haredi» à Jérusalem, et qui exercent cette censure préalable avant même que les affiches ne soient installées dans les rues. (apic/haar/be)



