Le pasteur Stefan Maag a trainé sa croix à Davos |  © Wolfgang Holz kath.ch
Suisse

Jésus est présent sur la promenade du WEF à Davos

C’est sans doute pendant le Forum économique mondial (WEF) que l’on rencontre le plus de monde sur la promenade de Davos, la rue principale et commerçante de la localité alpine. Y compris Jésus. 

Wolfgang Holz, kath.ch / traduction et adaptation Maurice Page

Les habitants et les skieurs, qui caractérisent habituellement en hiver l’image de cette station ensoleillée, se font rares. Mais le village est imprégné d’une atmosphère internationale. Des manteaux noirs et des taxis noirs. À première vue, le flot humain qui déferle sur la promenade de Davos ressemble d’abord à un cortège funèbre. Mais de fait il y a probablement peu d’endroits au monde où l’on peut voir autant de personnes de couleurs et d’origines différentes qu’actuellement à Davos.

« Je souhaite rendre le message chrétien à nouveau plus populaire parmi les gens. »

Même Jésus est présent devant l’hôtel Pöstli. Stefan Maag traîne sur le trottoir une énorme croix en bois de la taille de celle du Golgotha. «Je souhaite rendre le message chrétien à nouveau populaire parmi les gens»,explique le pasteur évangélique bernois. Il entend montrer que Jésus aime les hommes et les libère du péché. Il souhaite rappeler aux gens les racines chrétiennes de notre culture.

Il s’est déjà produit avec sa croix dans 32 capitales européennes, et a même été brièvement arrêté à Monaco pour cette raison. À Davos, où il apparaît pour la troisième fois avec sa croix, les gens se montrent nettement plus tolérants. Quelques-uns sortent leur smartphone avec curiosité. Non sans avoir souhaité la bénédiction de Dieu au journaliste de kath.ch, il s’éloigne avec sa croix dans la foule.

Pendant le WEF, la police est très présente à Davos | © Wolfgang Holz kath.ch

Une police omniprésente mais une atmosphère calme

Bien que tout semble se dérouler paisiblement sur la promenade, la police est omniprésente, parfois en tenue anti-émeute. À un arrêt de bus, quatre agents viennent d’encercler un homme qui porte une pancarte sur lequel on peut lire: «Les enfants ne peuvent pas consentir à un traitement par bloqueurs de puberté.» «Nous effectuons un contrôle» répond simplement un policier de manière aimable.

«Il était tout à fait inutile que Trump provoque ainsi les Européens à propos du Groenland. »

Un peu plus loin, l’organisation indienne Akshaya Patra, qui se vante de fournir des repas chauds aux écoliers depuis 25 ans, sert gratuitement un curry de légumes fumant dans une tente en plein air. À propos de la venue de Donald Trump à Davos , un des bénévoles commente: «Il était tout à fait inutile que Trump provoque ainsi les Européens à propos du Groenland».

Chacun se présente sous son meilleur jour

Ceux qui préfèrent s’asseoir pour manger ou boire un café tranquillement – tout est gratuit, bien sûr – se rendent dans l’une des nombreuses «maisons» situées le long de la promenade. Pendant la semaine du WEF, beaucoup de commerces sont loués, parfois à prix d’or, à des organisations internationales, des entreprises ou des représentations nationales.

Jackson Jesionowski apprécie le président Trump | © Wolfgang Holz kath.ch

Ainsi, la Belgium House, la South Africa House, la Nigeria House… s’alignent les unes après les autres. La paroisse catholique de Davos également très active, a loué les locaux de son nouveau bâtiment. Là où se tiennent habituellement des événements communautaires tels que la bourse aux vêtements pour enfants, des informaticiens du monde entier se pressent pour un apéritif au prosecco et des présentations d’entreprises.

«Au moins, Trump bouscule les anciennes élites et mafias du monde »

La South Africa House, dont la façade arbore l’icône de la lutte contre l’apartheid Nelson Mandela, est en effervescence. Vanessa, étudiante suisse en droit, écharpe aux couleurs de l’Afrique du Sud autour du cou, accueille les visiteurs. On se croirait presque dans un café branché de Johannesburg.

Jackson Jesionowski, originaire d’Arizona semble très joyeux. Il porte un costume violet ›très cool’ qu’il a acheté en Inde. Il travaille dans le secteur de la robotique. Il n’a aucun problème avec Trump comme président. « Au moins, il bouscule les anciennes élites et mafias du monde entier et se bat pour trouver de nouvelles solutions. De plus, il vient maintenant au WEF pour communiquer avec les autres. »

L’apartheid a laissé des traces

Juste à côté, à l’«Indonesia House», Simon, originaire d’Afrique du Sud, apprécie également l’ambiance. Mais pourquoi ne mange-t-il pas à la South Africa House ? Il sourit. Il est blanc et vient de la côte est. Il avoue ne pas se sentir très à l’aise à la South Africa House, où l’on ne trouve presque que des Sud-Africains noirs. « Il n’y a plus qu’une minorité de 7% de Blancs en Afrique du Sud », explique cet ingénieur informatique chez WhatsApp, qui vit avec sa femme et ses deux jeunes enfants près du Cap. Dans son entreprise, il travaille avec de nombreux Noirs.

«Mais il faudra sans doute encore plusieurs générations avant que la cohabitation ne se normalise complètement et ne fonctionne sans heurts», dit-il. «Il règne partout au WEF une atmosphère paisible et inspirante – mais on aimerait que beaucoup de ces belles paroles se transforment un jour en actes concrets.»

«La vie à Kiev est vraiment très dangereuse et effrayante»

«Future Front Line»

Un endroit où la paix n’est définitivement pas encore palpable est la Maison de l’Ukraine, appelée «Future Front Line» et à laquelle on ne peut accéder qu’après avoir passé des contrôles de sécurité. Au lieu de snacks, on y est confronté à la réalité toujours terrible de la guerre d’agression menée par la Russie.

«Change ou meurs» installation artistique ukrainienne au WEF d Davos| © Wolfgang Holz kath.ch

De grandes vidéos simulent de manière très réaliste des attaques de drones russes sur Vienne, Bruxelles, Munich et même Davos. Une installation artistique s’illumine de manière spectaculaire avec les mots «Change or die» (« Change ou meurs »). Et à l’étage supérieur, une table ronde sur le thème «L’attaque de la Russie contre les pays de l’UE : quand et comment ?» est en cours. Un général de l’armée ukrainienne en uniforme de combat prend la parole. Les visages sont inquiets. «La vie à Kiev est vraiment très dangereuse et effrayante, j’espère que le WEF permettra enfin de trouver une solution pacifique», relève la jeune Maria Utrobina, qui vient de terminer ses études de biologie à Kiev.

«Tout le monde ne profite pas du WEF»

« Tout le monde ne profite pas du WEF. Je suis monitrice de ski, et comme les prix sont exorbitants partout, dans les hôtels et dans les magasins, et qu’il n’y a plus de chambres disponibles, je ne peux pas donner de cours de ski pendant trois semaines. La raison: aucune famille ne vient actuellement à Davos», fait remarquer une davosienne qui s’est muée en vendeuse de saucisses pour s’assurer tout de même un revenu. De plus, les habitants souffrent de nombreuses restrictions, telles que des routes complètement encombrées et des bus constamment en retard.

Veillée de prière à l’église st-Jean pendant le WEF à Davos | © Wolfgang Holz kath.ch

Un profond silence

Le soir, l’atmosphère devient plus calme et plus réfléchie. Surtout dans l’église Saint-Jean, où ue douzaine de personnes se sont réunies pour participer à l’événement œcuménique «Silence et prière pour la justice et la paix» pendant le WEF. Des bougies sont allumées et plantées dans le sable. Les participants méditent en cercle sur des contributions visant à promouvoir une plus grande justice sociale et financière dans le monde. Un profond silence s’installe. (cath.ch/kath.ch/mp)

Le pasteur Stefan Maag a trainé sa croix à Davos | © Wolfgang Holz kath.ch
23 janvier 2026 | 10:56
par Maurice Page
Temps de lecture : env. 5  min.
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