Jeunes en difficultés à Lausanne: Le coup de pouce de «Jet Service» du CSP
En 14 ans, le centre a vu se transformer les problématiques
Lausanne, 27 mai 1998 (APIC) quatorze ans après sa création au Centre social protestant (CSP) de Lausanne, «Jet Service», destiné au jeunes, a vu se transformer les problématiques. Depuis 1984 en effet, «Jet Service» s’occupe des jeunes… Ses prestations s’adressent à des personnes de 16 à 25 ans en formation ou en recherche de formation. Informer, donner un coup de pouce, soutenir: les interventions de Jet Service recouvrent de nombreux domaines.
En 14 ans d’existence, le secteur du CSP pour les jeunes a vu se transformer les problématiques. De pléthoriques dans les années 80, les places d’apprentissage se sont aujourd’hui raréfiées, au point qu’il en manquera 7’000 cette année, selon les statistiques fédérales. La diminution des postes de formation n’est pourtant pas une nouveauté pour Nicole Richard, responsable de «Jet Service». «Il y a plusieurs années déjà que nous tirons la sonnette d’alarme».
Pour les jeunes en attente d’une formation, «Jet Service» a créé une bourse de travail temporaire. Ces petits boulots sont des emplois de dépannage entre deux apprentissages, avant d’entreprendre une formation, pour les vacances ou comme gain intermédiaire en cas de chômage. Grâce à ces emplois temporaires, généralement non qualifiés, les jeunes gagnent quelque argent, mais surtout ils acquièrent une expérience, une prise de conscience du monde du travail.
Parmi les jeunes qui viennent consulter les travailleurs sociaux de «Jet Service», un certain nombre d’entre eux sont en rupture d’apprentissage, presque sans ressources, souvent en conflit avec leur famille. «C’est vrai qu’un pourcentage de jeunes cumulent plusieurs difficultés», dit Nicole Richard. «Jet Service» veut éviter à tout prix la marginalisation, aussi a-t-elle mis sur pied avec d’autres associations vaudoises un semestre de motivation, comprenant de nombreuses activités concrètes en entreprises.
Nouvelle majorité
Face à la complexité des lois, particulièrement en matière de chômage, les prestations du service se sont étoffées avec l’ouverture au début de cette année d’une permanence juridique (ouverte le jeudi sans rendez-vous de 14h. 30 à 18h. 30). Par ailleurs, l’abaissement de l’âge de la majorité de 20 à 18 ans, entré en vigueur en 1996, s’accompagne de nouvelles questions quant au devoir d’entretien des parents, aux versements de pensions alimentaires, aux responsabilités face aux autorités, à l’administration, etc. En quatre mois d’activités, une centaine de jeunes ont eu recours aux services des juristes qui collaborent avec le CSP.
«Les parents ne sont pas démissionnaires ou alors très rarement», souligne cependant Nicole Richard. La précarité que connaissent des familles, monoparentales notamment, est à l’origine de nombreuses situations conflictuelles qui ont pour conséquence la rupture. Les travailleurs sociaux soutiennent et assistent les jeunes dans leurs démarches pour obtenir des bourses d’études ou des aides financières de la part de fonds privés. Aujourd’hui, l’une des grandes préoccupations de «Jet Service» concerne le manque de logements bon marché pour des jeunes en formation, coupés de leur milieu familial. Le CSP étudie même la possibilité d’acquérir des logements de dépannage.
Le secteur destiné aux jeunes offre gratuitement des prestations qui se veulent généralistes. «Jet Service» se définit aussi comme un porte-parole des jeunes qui viennent consulter en relayant leurs problèmes auprès des pouvoirs publics. «Une prise de conscience au niveau politique est urgente», relève Nicole Richard. Dans les consultations, le discours des jeunes a changé depuis quelque temps. «Ils sont à la recherche de boucs émissaires», note-t-elle. Des boucs émissaires… qui ont pour nom étrangers ou requérants d’asile…
50 à 60% des jeunes qui viennent consulter «Jet Service» vivent dans la région lausannoise, 40% proviennent du reste du canton. Quatre travailleurs sociaux, employés à temps partiel, collaborent au service. La bourse du travail et les problèmes de formation font l’objet de deux permanences organisées le mardi et le mercredi de 14 h. à 18 h. (apic/spp/pr)



