Pas d’abus de la religion pour des fins politiques!
Jordanie: 7e consultation entre musulmans et chrétiens à Amman (030893)
Amman, 3août(APIC) 62 professeurs et jeunes de 23 pays ont participé du
26 au 28 juillet 1993 à la 7e rencontre entre musulmans et chrétiens à Amman en Jordanie. La consultation, portant sur la jeunesse et les valeurs de
modération, était organisée par la «Royal Academy for Islamic Civilization
Research» à Amman et le Centre orthodoxe du patriarcat oecuménique à Chambésy. Maria Brun, porte-parole de la Conférence des Evêques suisses (CES),
et le méthodiste John Taylor, délégué de la Conférence des Eglises Européennes (KEK) à Genève y ont représenté la Suisse.
Ce dialogue interculturel, qui s’est voulu ouvert aux besoins ressentis
aujourd’hui, avait pour but une meilleure connaissance réciproque et comme
perspective la collaboration entre les deux religions, sans vouloir éliminer leurs caractéristiques spécifiques et leurs différences. Les valeurs
communes d’une attitude modérée, qui se traduisent dans une pensée et une
morale équilibrées, devraient prendre la place de tous les extrémismes.
Les raisons du choix du thème de la modération ont justement été les divers lieux de conflits dans le monde et la conscience que ni le fanatisme,
ni l’extrémisme ne peuvent amener des solutions pacifiques. Le thème a été
abordé sous trois aspects: Les valeurs de la modération dans l’Islam et
dans le christianisme, les tensions et les défis essentiels du monde actuel
et le rôle de la jeunesse dans l’engagement sur le chemin de la modération
dans un monde changeant.
Les participants à la discussion se sont dit convainçus que face aux
multiples défis qui menacent les pays, une société ne peut bien fonctionner, que si les valeurs spirituelles et morales enseignées par les deux religions sont respectées.
Durant la rencontre qui a été vécue dans une atmosphère fraternelle, les
délégués ont déploré le fait que des tensions et des conflits terrassent de
nombreux pays au Moyen-Orient, en Asie centrale, en Europe de l’Est et surtout en Bosnie-Herzégovine. Au nom de leur religion, les participants de la
rencontre ont condamné unanimement l’abus des sentiments religieux à des
fins politiques, des violences et des crimes comme la déstruction de patrimoine et de lieux de cultes, la mort d’innocents, la déportation des civils
et les viols. Ils ont lancé un appel aux partis concernés, afin que ceux-ci
mettent tout en oeuvre pour arrêter immédiatement tous ces crimes et fassent les pas nécessaires pour résoudre les problèmes par le dialogue et
dans un esprit pacifique. (apic/mb/bd/cb)



