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Jordanie: Le site du baptême du Christ inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO

Amman, 07.07.15 (cath.ch-apic) Le site du baptême du Christ, à Béthanie au-delà du Jourdain, en Jordanie a été inclus à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. La décision a été prise à l’unanimité le 3 juillet 2015 par le Comité du patrimoine mondial réuni à Bonn, en Allemagne, rapporte le site catholique jordanien abouna.org.

L’authenticité de ce site repose surtout sur les vestiges archéologiques mis à jour au cours de dernières années. Les découvertes, avec pas moins de neuf églises et chapelles, plusieurs monastères, des piscines baptismales, des bassins et des aménagements hydrauliques, datant des époques romaine et byzantine, ont été si abondantes et si riches qu’une remise en valeur de l’endroit s’imposait. Ces vestiges correspondent en outre aux divers récits des pèlerins de l’Antiquité et du Moyen-Age visitant les Lieux-Saints. Les plus importants sont ceux de l’église saint jean Baptiste datant du règne de l’empereur Anastase (491-518 ap. J-C). Ils correspondent à la description de l’écrivain Théodose en 530.

Le site de ’Béthanie au-delà du Jourdain’ ou Wadi al Kharrar (la vallée mélodieuse), à 25 kilomètres de la capitale Amann, est aujourd’hui un parc naturel touristique créé par la Jordanie autour des fouilles archéologiques réalisées à partir de 1996.

Les cinq églises alignées à la frange du désert, visibles de loin sur le rebord de la falaise dominant le Jourdain, semblent incongrues dans ce paysage. Perdues au milieu de nulle part, elles paraissent avoir été jetées là comme les plots d’un jeu de construction. Dans un joyeux élan ’œcuménique’, le clocher anglican côtoie une coupole copte, une basilique luthérienne, une rotonde arménienne et une chapelle maronite. Dans la vallée au bord de l’eau, orthodoxes-grecs, catholiques-latins, orthodoxes-russes et grecs-melkites se sont attribués la meilleur part. C’est à qui aura le bulbe le mieux doré, le clocher le plus haut, la mosaïque la plus belle, les couleurs les plus vives.

Un parc naturel touristique

Le caléidoscope des églises actuelles n’est peut-être pas si différent de ce qu’il pouvait être aux temps paléochrétiens où les pèlerins affluaient en nombre pour se faire baptiser dans les eaux du Jourdain en suivant le récit des évangiles.

Détruit par les guerres successives et les tremblements de terre, couvert d’alluvions, envahi par les marais et la forêt de tamariniers, le site était tombé dans un oubli quasi-total depuis des siècles. Durant près de trente ans de 1967 à 1994, il fut même totalement interdit d’accès puisque situé à la ligne de démarcation de deux Etats alors en guerre, Israël et la Jordanie. La signature d’un traité de paix en 1994, suivie du déminage de la zone, a permis les premières fouilles qui ont vite persuadé une majorité de chercheurs qu’ils se trouvaient bien sur le lieu même où Jésus fut baptisé par Jean-Baptiste.

Consciente du potentiel touristique du site de Wadi al Kharrar, la monarchie hachémite a décidé d’offrir gratuitement aux diverses confessions chrétiennes des parcelles de terrain, charge à elles d’y construire de nouveaux édifices religieux, sanctuaires, monastères ou maisons de pèlerins. La floraison est toute fraîche. L’église évangélique luthérienne a été consacrée le 6 janvier 2014. Une fois achevé, le site devrait comprendre une douzaine de lieux de culte, tous construits en l’honneur du seul et même Jésus-Christ ! (apic/abouna.org/mp)

Le site du baptême du Christ à Béthanie au-delà du Jourdain, en Jordanie, a été inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO (photo Maurice Page)
7 juillet 2015 | 15:39
par Maurice Page
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