«Journée des mains rouges» dans les rues de Bogota

Colombie: Pour dire «assez» au fléau des enfants soldats

Bogota, 6 février 2011 (Apic) Pour dire «assez» au fléau des enfants soldats, l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International (AI) a organisé samedi 5 février, sur la Plaza de Armas de Bogota, la désormais traditionnelle «Journée des mains rouges».

Le recrutement des enfants dans le cadre des conflits armés a certes été interdit le 12 février 2002 par le Protocole de la Convention sur les Droits de l’Enfant des Nations Unies. Toutefois l’approbation de ce protocole n’a pas dissuadé les groupes paramilitaires et les guérillas qui continuent à attirer dans leurs rangs les enfants par la ruse ou par la force.

En Colombie, on estime que les enfants et adolescents soldats sont au nombre de 8 à 11’000. Afin de sensibiliser la population colombienne et de demander de mettre fin à cette pratique criminelle, Amnesty International a organisé le 5 février, sur la Plaza de Armas de Bogota, la «Journée des mains rouges». Dans le cadre de cet événement, les passants ont été invités par l’ONG à tremper leurs mains dans de la peinture rouge et à les poser sur une feuille de papier comme symbole de leur refus de la pratique du recrutement des enfants, qui est surtout le fait des groupes armés illégaux.

Une note de l’agence de presse brésilienne ADITAL indique qu’aux 11’000 enfants soldats de Colombie, doivent être ajoutés les autres enfants utilisés en tant que «détecteurs de mines antipersonnel» par les armées de manière à ce que ces dernières puissent avancer sans surprises.

Campagnes de recrutement de la guérilla dans les écoles

C’est un lieu commun de reconnaître les garçons comme les principales victimes du phénomène mais les jeunes filles, qui sont encore minoritaires, subissent le même sort dans le cadre de groupes tels que les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et l’Armée de Libération nationale (ELN), ce dernier étant même allé jusqu’à organiser des campagnes de recrutement dans les écoles.

Afin d’empêcher la poursuite de cette violation des droits des enfants et des adolescents, des groupes tels que la «Coalition colombienne contre l’usage des enfants soldats», Amnesty International et autres ONG réclament du gouvernement colombien davantage d’attention en ce qui concerne ce fléau, notamment en interdisant que l’Armée colombienne puisse avoir recours à des enfants comme informateurs.

Au niveau mondial, le nombre des enfants soldats peut atteindre les 350.000 dans des pays tels que la République Démocratique du Congo, la Sierra Leone, le Soudan, l’Afghanistan et le Pakistan. Cette plaie est devenue l’un des grands défis de la Colombie qui ne parvient pas encore à garantir les droits fondamentaux de milliers d’enfants et d’adolescents, relève pour sa part l’agence d’information vaticane Fides. (apic/fides/adital/be)

6 février 2011 | 17:32
par webmaster@kath.ch
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