Journée mondiale de la paix : Le pape invite à ne pas acheter des produits fabriqués par des victimes de l’esclavage
Rome, 10 décembre 2014 (Apic) Le pape François souhaite une mobilisation mondiale afin de mettre fin au phénomène abominable de l’esclavage, qui se poursuit selon lui dans l’indifférence générale. Dans un message publié le 10 décembre 2014 en vue de la 48e Journée mondiale de la paix, célébrée le 1er janvier 2015, le pape appelle à de véritables gestes de fraternité. Il invite concrètement à ne pas acheter des produits fabriqués par l’exploitation d’autres personnes.
Dans son message annuel, le pape expose longuement les multiples visages de l’esclavage, un abominable phénomène et un crime de lèse humanité formellement aboli dans le monde qui touche cependant encore des millions de personnes privées de liberté et contraintes à vivre dans des conditions assimilables à celles de l’esclavage. Après avoir énuméré les causes profondes de l’esclavage – refus de l’humanité de l’autre, pauvreté, corruption, conflits, terrorisme, etc. – le pape François déplore que ce phénomène se poursuive dans l’indifférence générale.
Au fil de ce message traditionnellement diffusé à travers le monde par les nonciatures, le pape interpelle alors les Etats, les organisations intergouvernementales, les entreprises et la société civile, mais il met également chaque individu devant ses responsabilités. Il exhorte ainsi chacun, dans son rôle et dans ses responsabilités particulières, à faire des gestes de fraternité à l’égard de ceux qui sont tenus en état d’asservissement.
Ne pas fermer les yeux
«Demandons-nous comment, écrit le pape François, en tant que communauté ou comme individus, nous nous sentons interpellés quand, dans le quotidien, nous rencontrons ou avons affaire à des personnes qui pourraient être victimes du trafic d’êtres humains, ou quand nous devons choisir d’acheter des produits qui peuvent, selon toute vraisemblance, avoir été fabriqués par l’exploitation d’autres personnes». «Certains d’entre nous, poursuit-il, par indifférence ou parce qu’assaillis par les préoccupations quotidiennes, ou pour des raisons économiques, ferment les yeux».
Le pape François invite enfin à «reconnaître que nous sommes en face d’un phénomène mondial qui dépasse les compétences d’une seule communauté ou nation». Dès lors, pour le combattre, il faut une mobilisation de dimensions comparables à celles du phénomène lui-même.
Le pontife conclut ainsi son message: «Pour cette raison, je lance un appel pressant à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté, et à tous ceux qui, de près ou de loin, y compris aux plus hauts niveaux des institutions, sont témoins du fléau de l’esclavage contemporain, à ne pas se rendre complices de ce mal, à ne pas détourner le regard face aux souffrances de leurs frères et sœurs en humanité, privés de la liberté et de la dignité, mais à avoir le courage de toucher la chair souffrante du Christ». (apic/imedia/ami/mp)



