Jubilé de la solidarité nord-sud
Belgique: L’ONG «Entraide et Fraternité» fête son 50e anniversaire
Bruxelles, 9 mars 2011 (Apic) L’ONG belge «Entraide et Fraternité» fête son 50e anniversaire, en 2011. Elle invite les communautés chrétiennes des diocèses belges à participer au Carême de partage, en solidarité avec des populations du sud, annonce le site de l’ONG. La campagne 2011 est centrée sur le sort des paysans philippins, privés de leur terre.
Information, sensibilisation, mobilisation des citoyens pour plus de solidarité entre le nord et le sud, telles sont les missions d’»Entraide et Fraternité» (E&F). L’ONG catholique de solidarité internationale travaille en partenariat avec plus de 110 associations dans le sud, lit-on sur son site Internet www.entraide.be.
Accent sur l’agriculture et l’alimentation
Un ambitieux programme de défense et de promotion de l’agriculture paysanne est mis sur pied par l’ONG. Il s’étend sur 3 ans (2008-2011), dans 9 pays du sud, établis sur 3 continents: Afrique, Amérique latine et Asie. Il touche 550 organisations de base. La promotion et la défense de l’agriculture paysanne durable s’opèrent par des démarches citoyennes, centrées autour des axes: genre, environnement et accès à la terre, dans une perspective de souveraineté alimentaire.
Le thème de la souveraineté alimentaire est d’actualité. En juin 2009, la FAO (Food and Agriculture Organization) annonce qu’un milliard de personnes souffrent de la faim et de la malnutrition dans le monde, alors que les ressources nécessaires existent pour nourrir la planète. Mais elles ne sont pas exploitées au profit des plus pauvres, qui ont pourtant des terres cultivables en quantité suffisante pour leur population.
Campagne 2011: «Sans terre, pas d’avenir»
La campagne de Carême de partage 2011 est en faveur des Philippines, où les paysans n’ont pas accès à un lopin de terre ou aux outils pour la cultiver. 5 organisations partenaires d’»E&F» les épaulent, pour relever le défi d’une agriculture paysanne dans l’île de Mindanao. 20 groupes de paysans et paysannes se sont engagés, dans 12 villages (barangays), en développant un vaste programme de promotion de l’agriculture paysanne durable.
Malgré des ressources abondantes et une économie en croissance, les trois communautés locales – les Moros (musulmans), les Lumads (population indigène) et les migrants (catholiques) – vivent dans la pauvreté: 51,2 % de la population est en dessous du seuil. Les terres fertiles sont toutefois nombreuses et le sous-sol est riche en minerais. Mais les compagnies multinationales et les grands propriétaires terriens se les disputent. La répartition des terres est, par conséquent, inégale. 7 paysans sur 10 ne possèdent pas de terre et sont contraints de reverser une grande partie de leurs récoltes (30 voire 90 %) aux propriétaires, pour obtenir le droit de cultiver.
Un partenariat
Ce qui distingue «E&F» des autres mouvements solidaires des pays en voie de développement, c’est sa relation avec ses partenaires. L’ONG s’adresse directement aux associations locales, acteurs de leur propre développement. De plus, la priorité est accordée aux projets porteurs de changement, aux initiatives qui s’attaquent aux causes réelles du mal-développement, et qui encouragent la participation des bénéficiaires. Ainsi, l’accent est mis sur les efforts de conscientisation et de formation des groupes de base, plutôt que sur les réalisations matérielles.
Fête de l’entraide et de la fraternité
Un demi siècle de solidarité internationale, c’est l’occasion de réaffirmer son engagement fondé sur la conviction qu’un monde plus juste est encore possible. C’est célébrer la Bonne Nouvelle, qui est un message d’espérance. Et cela se fête.
Une célébration internationale est organisée par «E&F» et son homologue flamand. Elle aura lieu, le dimanche 20 mars 2011, à 15 heures, en la cathédrale Saints Michel et Gudule de Bruxelles, en présence de Mgr Jousten, évêque référendaire pour l’ONG. D’autres festivités sont au programme, à découvrir sur le site de l’ONG.
Encadré
La première campagne de Carême de partage a vu le jour en 1961, à la demande des évêques de Belgique, sous le slogan «Entraide et Fraternité». Organisée par «Caritas Catolica» pour répondre à une famine dans l’Etat du Kasaï (RDCongo), elle connaît un vif succès et donne son nom à ce service d’Eglise. En 1963, «E&F» devient une ONG autonome. Elle s’inscrit dans le renouveau de l’Eglise, promu par le pape Jean XXIII et le Concile Vatican II.
L’ONG s’inspire des principes évangéliques. Elle entend agir pour plus de justice sociale et pour un développement libérateur. Cette toile de fond perdure aujourd’hui encore, même si la conscience de la coopération s’est modifiée au cours de ses 50 ans d’existence.
Trois missions pour que la terre tourne plus juste
«E&F» réalise trois missions principales:
Financer des programmes d’action et des projets de développement dans une vingtaine de pays pauvres en Afrique, Amérique latine et Asie.
Sensibiliser et éduquer le public belge francophone et germanophone (*) à la solidarité internationale, à travers des campagnes.
Interpeller les décideurs politiques et économiques.
(*) En novembre 1977, la campagne du Carême de partage est défédéralisée. Deux Associations sans but lucratif (ASBL) autonomes sont créées: «Broederlijk Delen» (»Partage fraternel») pour la Flandre et «E&F» pour la partie francophone du pays. Leur action commune se situe, aujourd’hui, surtout au niveau de l’action politique. (apic/E&F/com/ggc)




