Tortures, enlèvements d’évêques, travail forcé, trafic d’organes...

Jubilé des prisons: les sinistres records des prisons en Chine

Pékin, mercredi 6 juillet 2000 (APIC) Les prisons chinoises, «ne sont pas un lieu d’ordre et de rédemption», écrit l’Agence Fides, dans son tour du monde des prisons en préparation à du Jubilé des prisons, le 9 juillet. En outre, la Chine ne dispose pas encore d’un code pénal complet, et c’est la porte ouverte à tous les abus. Cibles des autorités, la secte Falun Gong, et aussi les chrétiens. Tortures, enlèvements d’évêques, travail forcé, trafic d’organes, tels sont les sinistres records des prisons de la Grande Chine décrits par Fides.

L’établissement d’un code pénal avait été bloqué par Mao Tsé-Toung dans les années 50, afin que les «purges des ennemis du dictateur et de la révolution n’aient pas de limite». Un tableau que la Chine actuelle n’a pas beaucoup amélioré, selon Fides: «Encore actuellement, les détentions sans mandat et les jugements sommaires ne sont pas rares. Pas plus tard que la semaine dernière, plus de 1’200 membres de la secte Falun Gong ont été arrêtés. Visés par le régime depuis un an, des dizaines de milliers de fidèles ont été emprisonnés, 22 ont été torturés à mort et certains leaders ont été condamnés à 18 ans de prison».

Le sort des chrétiens n’est pas meilleurs. Fides rappelle que depuis 4 ans, deux évêques sont portés, «disparus»: l’évêque de l’Eglise «souterraine» de Baoding, Mgr Jacques Su Zhimin, et son auxiliaire François An Shuxin, enlevés par la police. Les personnalités religieuses et politiques sont détenues dans la promiscuité avec les prisonniers de droit commun: trafiquants de drogue, prostituées, voleurs, commerçants corrompus. Le chef d’inculpation est le même pour tous: «trouble de l’ordre social».

Les prisonniers sont victimes de tortures. «Les prisons chinoises ne sont pas un lieu d’ordre et de rédemption: tortures, mauvais traitements, chaînes, bâtons électriques sont choses communes. Zhang Lin, un syndicaliste démocrate en prison à Canton, bien que malade, a été contraint à travailler jusqu’à 14 heures par jour. Comme il avait tenté de se suicider sur le conseil des gardiens, il a été frappé par d’autres détenus, déshabillé et traîné par terre».

Le marché de la mort: le trafic d’organes

Fides dénonce aussi le trafic d’organes entretenu par la peine de mort en Chine. «Les prisonniers enfermés dans les couloirs de la mort sont des ressources potentielles de profit pour le gouvernement grâce au «don d’organes»… Il existe même un règlement «sur l’utilisation des cadavres et des organes de prisonniers» exécutés. Rien qu’en 1996, selon des statistiques officielles, environ 20 mille foies ont été vendus. Selon certains gardiens, il s’agit «d’une utilisation productive de ressources qui autrement seraient perdues». La possibilité de faire de l’argent grâce aux organes des détenus pousse les gardiens à un traitement plus doux, comme s’ils élevaient du bétail». (apic/zn/mm/pr)

6 juillet 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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