Grande-Bretagne: L’agence britannique de l’immigration aide le clergé à détecter les «mariages blancs»
Jugement du révérend anglican Alex Brown, qui a célébré des centaines de faux mariages pour légaliser le statut d’immigrants
Cantorbéry, 10 août 2010 (Apic) L’agence britannique de l’immigration souhaite aider le clergé à détecter les «mariages blancs», après qu’un prêtre anglican ait été reconnu coupable d’avoir célébré des centaines de faux mariages ayant permis à des immigrés de séjourner légalement au Royaume-Uni. Cette véritable «industrie» frauduleuse concernait essentiellement des unions d’Africains/es avec des ressortissants/es d’Europe de l’Est.
«L’Agence britannique des frontières encourage chaque diocèse à prendre contact avec son bureau local de l’immigration afin d’obtenir conseils et soutien», a indiqué un porte-parole de l’agence de l’immigration au correspondant de l’agence de presse œcuménique ENI. «L’Agence reste en contact avec l’Eglise anglicane pour aider le clergé à identifier tout éventuel ›mariage blanc’ et l’encourager à nous en faire part afin que nous puissions prendre les mesures nécessaires le cas échéant.»
Le 29 juillet, le prêtre anglican Alex Brown a été reconnu coupable de violation de la législation sur l’immigration après avoir célébré plus de 360 fausses unions, qui ont permis à des immigrés de demander le droit de résidence. Ils «épousaient» essentiellement des personnes originaires de l’Europe de l’Est ayant le droit de vivre et de travailler au Royaume-Uni.
Une véritable «industrie»
La cour a constaté que le révérend Alex Brown, un prêtre de l’Eglise anglicane d’Angleterre âgé de 61 ans, a marié jusqu’à huit couples par jour entre 2005 et 2009 dans sa paroisse de St Leonards-on-Sea, dans le sud de l’Angleterre. Des femmes d’Europe de l’Est étaient payées jusqu’à 3’000 livres sterling (3’600 euros) pour épouser des hommes originaires du Nigeria et d’ailleurs. Les époux versaient 15’000 livres (18’000 euros) pour se marier.
Les unions célébrées par l’Eglise d’Angleterre ou dans un bâtiment religieux autorisé pour les mariages sont légalement reconnues par l’Etat. «Les membres du clergé acceptent tout conseil permettant de déceler les signes d’une demande frauduleuse», a déclaré Lisa Williamson, responsable de la communication du diocèse de Chichester, à l’agence ENI. «En raison des mariages blancs de ces dernières années, les Eglises et les bureaux d’état civil ont amélioré leurs procédures».
Au cours de son procès, qui a duré sept semaines, Alex Brown a affirmé que l’Eglise d’Angleterre ne lui avait donné aucune formation concernant les lois sur l’immigration, ni concernant la manière de reconnaître des couples qui cherchent à abuser de l’institution du mariage. Il a déclaré avoir demandé à plusieurs reprises des conseils à sa hiérarchie.
Sa peine sera fixée en septembre, tout comme celle des deux coaccusés, Michael Adelasoye, 55 ans, juriste nigérian spécialiste de l’immigration, également pasteur évangélique de l’église «Ark of Hope» d’Hastings, et Vladymyr Buchak, un Ukrainien de 33 ans vivant illégalement en Grande-Bretagne depuis des années. Michael Adelasoye a déclaré au jury qu’il avait «un grand respect du caractère sacré du mariage». Dans un communiqué, le diocèse anglican de Chichester se déclare «particulièrement désolé» pour ceux qui ont été trompés et blessés par les actions du Père Alex Brown, qui a trompé leur confiance. Le diocèse a pleinement coopéré avec l’Agence britannique des frontières et respecte les décisions de justice concernant le prêtre condamné. Son évêque va examiner les sanctions appropriées à prendre. (apic/eni/bbc/be)



