L’unité chrétienne retrouvée au troisième millénaire ?
Jura: La chapelle de l’Unité de Develier-Dessus consacrée par Mgr Kurt Koch
Develier, 27 juin 2000 (APIC) Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle, a présidé l’Eucharistie dimanche à Develier après avoir consacré l’autel et la chapelle de l’Unité à Develier-Dessus. Un journée dédiée à l’œcuménisme et l’espérance de voir un jour tous les chrétiens réunis. Comme l’a rappelé l’évêque de Bâle dans son homélie
Les Eglises orthodoxe, catholique chrétienne, réformée, catholique romaine et l’Armée du salut ont prié ensemble à la célébration œcuménique de l’après-midi. Leurs représentants, Mgr Papandreou Damaskinos, du Centre orthodoxe de Chambésy, Mgr Hans Gerny, évêque de l’Eglise catholique chrétienne, le pasteur Jean-Marc Schmid, et le capitaine Jacques Tschanz, de l’Armée du salut, ont reçu chacun solennellement une clé de la chapelle de l’Unité de la main de Mgr Koch, en présence du nonce apostolique à Berne, Mgr Pier Giacomo De Nicolo.
«La chapelle de l’Unité de Develier-Dessus, a déclaré Mgr Koch, est dédiée aux douze apôtres, qui sont le fondement, tout sauf uniforme, de l’Eglise. Unité et diversité se trouvent réconciliées dans l’image du Dieu Trinité. L’eau bénite est symbole de vie dans la liturgie de consécration. Le livre d’Ezéchiel désigne le sanctuaire du temple comme une source vivifiant les démarches œcuméniques. Une source bienfaisante pour le Jura pastoral et l’ensemble du diocèse».
La multitude d’arbres fruitiers
«Etre œcuménique, c’est savoir se réjouir de la multitude d’arbres fruitiers qui puisent leur sève dans l’eau du baptême. Aucune Eglise n’est assez riche pour pouvoir se priver de l’enrichissement que d’autres Eglises ont à lui offrir, aucune Eglise chrétienne n’est pauvre au point qu’elle ne puisse apporter sa contribution spécifique à l’édification du corps entier du Christ. Mais tout travail œcuménique n’arrive à pleine maturité qu’enraciné dans la prière et la louange de Dieu», ajoute Mgr Koch.
Auparavant, l’évêque de Bâle avait porté un jugement sévère sur la séparation persistante des Eglises, «le grand scandale dont la chrétienté est responsable. Ce qui est véritablement tragique dans l’histoire de l’Eglise, c’est que nous, chrétiens, nous ayons précisément fait ce que les soldats romains n’ont pas osé dans le récit biblique de la Passion: nous avons mis en lambeaux la tunique, symbole du corps du Christ». Le premier millénaire fut le temps de l’Eglise indivise, le deuxième celui des grands schismes. En cette Année Sainte de transition, l’évêque voit une chance offerte par Dieu que le troisième millénaire devienne l’époque d’une unité retrouvée.
Communion dans l’humilité et le respect
«L’unité est difficile dans les familles, dans les villages, dans les cultures comme dans les religions», a de son côté souligné l’abbé Edgar Imer, initiateur avec l’abbé Maurice Queloz du projet de la chapelle œcuménique dans leur secteur paroissial de Courfaivre-Courtételle-Develier. Il préfère parler de communion, dans une attitude d’humilité, de service, de bienveillance et de respect. Il a souhaité la bienvenue aux communautés chrétiennes qui n’étaient pas officiellement présentes aux célébrations d’inauguration.
Une création de Jean-Louis Petignat
Plus de 800 personnes ont assisté à l’office matinal, dont les pèlerins des paroisses de la Tramata, à savoir Tramelan, Malleray, Bévilard et Tavannes. Elles étaient presque aussi nombreuses l’après-midi, issues des Eglises-soeurs. Les plus jeunes ont participé aux offices solennels, en apportant les offrandes ou en mimant l’Evangile de la multiplication des pains. 150 choristes, accompagnés par la Fanfare de Courtételle pour chanter la création du directeur du jour, Jean-Louis Petignat, de Delémont: Aux sociétés Ste-Cécile des trois villages s’étaient jointes celles de Bourrignon, Chevenez et Delémont.
La journée s’est achevée par une marche silencieuse de Develier à la chapelle par le chemin de l’Unité, à la suite de l’icône de la Trinité, démarche de prière comme l’a été la confection de la nappe d’autel par les dentellières.
L’abbé Jean Jacques Theurillat, doyen et membre du Conseil du vicariat du Jura pastoral, a remercié les artisans de ce grand projet lancé voilà 10 ans et en particulier le comité d’organisation des festivités du 25 juin 2000 présidées par Robert Fleury. L’assemblée a reçu la bénédiction pontificale, dans une lettre venue de Rome, qui souhaite à la chapelle de l’Unité «d’être source de rayonnement et point de ralliement des chrétiens». (apic/sic/mr/ba/pr)



