Les agents pastoraux s’excusent, remettent l’ouvrage sur le métier

Jura: Les changements dans la fête de la première communion à Delémont font du bruit

Delémont, 6 octobre 2006 (Apic) Une messe ordinaire, sans aube, pour communier la première fois, et une fête solennelle à la Fête-Dieu: la décision a provoqué un tollé à la paroisse catholique de Delémont, dans le Jura, et dans toute l’Unité pastorale saints Pierre et Paul. Nombre de fidèles ont insisté pour le maintien d’une fête de première communion «traditionnelle». En effet, si certains ont applaudi la réforme proposée, de nombreux autres ont vivement protesté. L’équipe pastorale s’excuse et remet l’ouvrage sur le métier.

L’Unité saints Pierre et Paul réunit les paroisses de Bourrignon, Mettembert-Movelier, Pleigne, Soyhières-Les Riedes et Delémont. L’équipe pastorale avait souhaité changer la forme de la cérémonie de la première communion. Elle aura été partagée en deux, une messe «privée» d’une part, sans aube, et d’autre part une messe de communion solennelle publique.

Au lieu d’un grand jour de fête, les enfants recevraient la première communion dans l’intimité d’une messe des familles à choix au cours du mois d’avril et la fête solennelle serait célébrée à la Fête-Dieu. La préparation du sacrement serait vécue en deux parcours «Pain pour tous», l’un pour les enfants, l’autre pour les adultes qui le souhaitent.

Les changements proposés par l’équipe de l’Unité pastorale Saints Pierre et Paul ont provoqué des réactions qui ont été répercutées même par la télévision suisse romande. Les abbés Jean Jacques Theurillat, Stéphane Migy, le diacre Pascal Marmy et l’assistant pastoral Christophe Wermeille en ce début d’octobre se sont mis à l’écoute de leurs paroissiens au cours de trois rencontres, qu’ils ont introduites en demandant pardon, présentant leurs excuses pour les blessures involontairement infligées parce qu’ils n’avaient pas pris en compte les sentiments humains dans leur projet élaboré dans un esprit cartésien.

Ils assurent que leur proposition sera revue en tenant compte de toutes les remarques et idées qui seront émises lors de ces rencontres: un projet ecclésial est applicable lorsqu’il compte une adhésion quasi totale, pas uniquement majoritaire comme en politique, relève l’abbé Jean Jacques Theurillat, modérateur de l’équipe pastorale.

Certains applaudissent à la réforme: «Enfin du nouveau dans cette Eglise si rigide !» D’autres sont réfractaires à la remise en question d’une tradition établie depuis de longues années. Mais pourquoi un changement dans le parcours de la Première communion ? S’appuyant sur le Projet pastoral vers 2010 et sur le Synode 72, il est le résultat d’un faisceau d’observations dans l’évolution de la société et de la fête de la première communion ces dernières années. «Dans un monde qui a changé, offrir aux petits comme aux grands un espace pour approfondir, fêter, vivre le coeur de la foi catholique» : le délégué épiscopal avait approuvé le principe, l’équipe pastorale de Sts Pierre et Paul a foncé.

Vivre le coeur de la foi catholique

Dans le cheminement, le projet propose de mieux tenir compte des rythmes différents des enfants, de leurs différences d’âge et d’expérience de la foi. Il se situe dans la mouvance de la pédagogie actuelle. Il propose une découverte progressive du sacrement de l’eucharistie qui par nature se renouvelle. Il introduit plus de souplesse et s’inscrit dans un mouvement plus large de renouveau de la catéchèse dans le monde francophone. De manière très concrète enfin, il diminuerait le stress du grand jour et rassurerait les enfants réfractaires au port de l’aube.

Les changements proposés ont aussi une dimension communautaire: la formule d’accueil au cours de la messe des familles est plus personnalisée. Elle permettrait à la communauté de célébrer véritablement à nouveau la Pentecôte et de retrouver le sens de la Fête-Dieu. Cette date toutefois est une grande cause d’opposition puisqu’elle n’est pas partout jour férié. Elle prévoit un parcours pour les adultes parce que la communion n’est pas qu’une affaire d’enfants. L’ouvrage sera ainsi remis sur le métier. (apic/qj/sic/be)

6 octobre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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