Aucun droit pour les femmes victimes de violence
Kenya: Amnesty International dénonce les violences et le viol à l’encontre des femmes
Londres, 8 mars 2002 (APIC) A l’occasion de la Journée internationale de la femme, Amnesty International (AI) dénonce les viols et les violences dont sont largement victimes les femmes au Kenya. Celles-ci sont privées de pratiquement toute possibilité de faire valoir leurs droits, dénonce l’organisation dans un communiqué.
«Alors que les victoires remportées par les femmes sont célébrées dans le monde entier en cette Journée internationale de la femme, celles qui sont toujours violées, battues et privées de leurs droits élémentaires ne doivent pas être oubliées», estime AI. L’organisation de défense des droits de l’homme publie le 8 mars un rapport intitulé «Kenya. Le viol, un crime passé sous silence», consacré aux violences, à caractère sexuel en particulier, commises contre les femmes. Le texte analyse notamment les raisons pour lesquelles les victimes ne sont pas correctement protégées par la loi et pourquoi les responsables continuent à perpétrer ces violences en toute impunité.
Aux yeux d’Amnesty International, le Kenya manque aux «obligations qui lui incombent en matière de droits humains à l’égard de la moitié de ses citoyens». L’organisation demande au gouvernement kenyan «de toute urgence de modifier ses lois et ses pratiques afin de mettre un terme à l’impunité dont bénéficient ceux qui commettent des violences contre des femmes».
Selon les conclusions du rapport, tous les jours des femmes subissent des violences physiques, notamment sexuelles, au sein de tous les groupes sociaux et ethniques sur l’ensemble du territoire kenyan. «Il s’agit de crimes qui traumatisent les victimes et portent atteinte au statut de la femme dans la société. Or, dans la plupart des cas, les victimes souffrent en silence», dénonce AI.
Obstacles judiciaires insurmontables
Par ailleurs, le rapport souligne que «les femmes violées se heurtent souvent à des obstacles insurmontables lorsqu’elles tentent de faire traduire les responsables en justice». Nombre d’entre elles ne «cherchent pas à obtenir réparation, car elles sont paralysées par les traditions et l’immobilisme de l’Etat. Toute tentative en ce sens peut déclencher l’hostilité de la famille, de la collectivité et de la police, sans compter que les chances de succès sont minimes. Les personnes qui tentent d’obtenir justice sont confrontées à un système qui ignore ou nie, voire cautionne, la violence à l’égard des femmes et protège les responsables, qu’il s’agisse de représentants de l’Etat ou de particuliers».
«Le viol constitue une forme de torture lorsque les autorités n’assument pas leurs responsabilités en omettant de protéger des victimes», estime AI, qui demande au gouvernement kenyan «d’enquêter sur les violences dont elles ont fait l’objet et de leur accorder réparation» et de «modifier ses lois et ses pratiques pour mettre fin à l’impunité dont bénéficient les auteurs de violences commises contre des femmes».
«Au cours de l’année 2002, les Kenyans vont être appelés aux urnes pour désigner leur président et leurs députés. Les membres du Parlement, les électeurs et les Kenyanes doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour qu’une importance prioritaire soit accordée aux droits des femmes dans le cadre de ces élections, et veiller à ce que les candidats prennent en compte les sexospécificités, tant dans leur politique que dans leur attitude», lance Amnesty International en conclusion de son communiqué (apic/com/bb)



