Hausse des prix et spéculation empirent la situation
Kenya: Crise alimentaire: 10 millions de personnes en danger
Nairobi, 22 janvier 2009 (Apic Au moins 10 millions de personnes sont en grand danger du fait de la pénurie d’aliments au Kenya. Le gouvernement fait tout son possible mais les initiatives mises en place ne s’avèrent pas suffisantes à l’heure actuelle, indique l’agence Misna à Rome.
Même les églises se sont mises à distribuer des aides, il reste encore beaucoup à faire», commente Mgr Martin Kivuva, évêque de Machakos et président de l’organisation Caritas du Kenya, décrivant la situation de crise alimentaire qui menace depuis plusieurs semaines différentes zones du pays et risque d’empirer dans les prochains mois.
Le président Mwai Kibaki a lui-même qualifié vendredi dernier la crise en cours de «catastrophe nationale» pour laquelle un appel à des aides d’urgence d’un montant de plus de 400 millions de dollars a été lancé. «Nous avons collecté des fonds – poursuit l’évêque – mais se procurer de la nourriture sur le marché local est devenu vraiment difficile. Les commerçants qui ont des provisions exigent des sommes astronomiques. Un «gunia» (sac de 90 kg) de maïs coûte 2’500 schillings (25 euros) tandis qu’un sac de haricots est à 6’000 schillings (60 euros)».
La crise alimentaire qui sévit actuellement dans le pays semble découler des récents événements qui ont affecté le pays. Avec l’insécurité générée causés par les heurts postélectoraux de début 2008, de nombreux agriculteurs n’ont en effet semé que le strict minimum, quand ils ont pu le faire à temps, comme dans la Vallée du Rift, un des épicentres des affrontements.
De même, l’insuffisance des pluies au cours des derniers mois a influé sur la diminution des récoltes.
La crise alimentaire est en outre aggravée par la récente flambée des tarifs des produits pétroliers. Dans ce cas aussi, cependant, en vertu des plaintes des associations de la catégorie et d’organisations de la société civile, derrière la hausse des prix figureraient les spéculations de certains «cartels». Deux affaires sur lesquelles le gouvernement a déjà ouvert des enquêtes. (apic/misna/pr)



