L’Eglise exige l’intervention du gouvernement
Kenya: Crise alimentaire préoccupante
Nairobi, 2 octobre 2008 (Apic) L’Eglise catholique kenyane a exprimé sa préoccupation au sujet des plus de 5 millions de personnes (près de 10% de la population totale du pays) qui, avec l’inflation et la sécheresse, n’ont pas de quoi manger en suffisance. Elle a invité le gouvernement à adopter des initiatives à cet effet.
«Il faut des lois et des politiques à même d’améliorer les conditions des pauvres, à savoir de la majorité des habitants de ce pays», a dit l’archevêque Peter Kairo, président de la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale kenyane, dans un message repris par Catholic Information Service for Africa (Cisa), cité par Misna.
Les violences qui ont suivi les élections de décembre dernier, la sécheresse, la crise économique internationale et l’inflation (qui a grimpé en mai à plus de 30%) ont contribué, selon le prélat, à la flambée des prix des biens de première nécessité, à leur pénurie et donc à la détérioration des conditions de vie de la population.
Evoquant le résultat d’un sondage effectué par le centre jésuite Hakimani, selon lequel les habitants de 16 bidonvilles de Nairobi dépensent 53% de leurs maigres revenus en nourriture, l’archevêque Kairo a également montré du doigt les pratiques des entreprises et des multinationales : «Il est déplorable – a-t-il affirmé – qu’en dépit des problèmes de notre économie, celles-ci enregistrent des profits extrêmement élevés qui ne bénéficient que rarement à la population».
Mgr. Kairo a ajouté que ce sont surtout les sans-abri qui s’entassent dans les camps de réfugiés ou vivent dans les quartiers dégradés de la capitale qui font les plus grands frais d’une telle situation.
D’après une enquête menée en septembre par le gouvernement, 10% des Kenyans risquent de ne pas disposer des moyens de subsistance nécessaires dans les six prochains mois. «La sécurité alimentaire – avait dit il y a deux semaines le ministère des Programmes spéciaux – a atteint un niveau inquiétant chez la population urbaine après la flambée des prix.
Des données préliminaires indiquent qu’au moins 3,5 millions d’habitants des bidonvilles, contre 3 millions il y a un an, n’ont pas assez de nourriture». A ces derniers, ajoutait le ministère dans son communiqué, il faut ajouter 1,5 million de personnes vivant dans les zones rurales (dont 300’000 sans-abri), mises en péril par l’augmentation des prix mais aussi par la sécheresse. (apic/misna/pr)



