Les Eglises du pays applaudissent

Kenya: Décision du gouvernement de rapatrier les milliards déposés à l’étranger

Nairobi, 9 mai 2003 (Apic) Les responsables religieux du Kenya approuvent la décision du gouvernement de rapatrier les milliards déposés à l’étranger, soit quelque 160 milliards de shillings (2,21 milliards de dollars) déposés illégalement sur des comptes bancaires à l’étranger.

La plus grande partie de ces fonds aurait été prélevée sur les fonds publics par des politiciens de l’ancienne administration, écartée du pouvoir en décembre 2002.

«C’est une décision qui va dans la bonne direction», a estimé le prêtre anglican Michael Sande, de Nairobi. «Chaque centime volé aux habitants du pays doit leur être restitué. Nous avons besoin de cet argent pour reconstruire ce qui a été détruit.»

Réaction identique de Maloa Wesoga, secrétaire de l’archidiocèse catholique de Nairobi, qui relève que cet argent volé aux citoyens doit être rendu à tout prix. «Nous en avons besoin pour alimenter les fonds qui permettront de dispenser l’éducation primaire gratuite et d’améliorer la qualité des services de santé, en particulier dans les hôpitaux gérés par les Eglises», a-t-il commenté à l’Agence oecuménique ENI.

La décision de faire rapatrier l’argent est l’une des mesures prises après la victoire électorale en décembre dernier du Parti de la coalition nationale arc-en-ciel (NARC), qui a écarté l’Union nationale africaine du Kenya, au pouvoir depuis 40 ans. La coalition s’est engagée à éradiquer la corruption et à dynamiser l’économie.

«Ils doivent être jugés»

Selon Robinson Githae, ministre adjoint de la Justice et de Affaires constitutionnelles, certains membres du gouvernement précédent ont déposé jusqu’à 60 milliards de shillings sur des comptes étrangers.

Des responsables religieux du pays ont en outre demandé que les détenteurs de ces comptes rendent volontairement ces fonds, avouent leur action devant un tribunal et demandent l’amnistie, mais certains ne sont pas d’accord avec cette proposition.

«Ils doivent être jugés conformément aux lois du pays», s’insurge le pasteur Patrick Mungiriria, de l’Eglise presbytérienne d’Afrique orientale. «Si le gouvernement sait qui sont ces gens, il doit appliquer la loi pour leur faire rendre cet argent». (apic/eni/pr)

9 mai 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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