Le système judiciaire du pays pas digne de confiance?
Kenya: Des responsables d’Eglise souhaitent voir la CPI juger les auteurs des violences
Nairobi, 19 février 2009 (Apic) Des responsables d’Eglise kenyans souhaitent que la CPI juge les auteurs présumés des violences, qui ont secoué le pays en décembre 2007.
Le primat anglican du Kenya a en effet apporté son soutien à l’idée de voir intervenir la Cour pénale internationale (CPI) de la Haye pour juger les auteurs présumés des violences qui ont suivi les élections contestées au Kenya en décembre 2007.
«Allons à la Haye. Je suis très mécontent. Les Kenyans sont très mécontents», a déclaré l’archevêque anglican Benjamin Nzimbi, interrogé mardi par l’Agence oecuménique ENI.
Le Parlement kenyan a rejeté le 12 février un projet de loi visant à mettre en place un tribunal exceptionnel pour enquêter sur les responsables des violences qui ont causé la mort de près de 1’500 personnes. Certains parlementaires auraient exprimé un manque de confiance dans le système judiciaire du Kenya.
L’archevêque Nzimbi a évoqué des commissions établies dans le passé pour enquêter sur des scandales de corruption, affirmant craindre que si un tribunal local était chargé de se pencher sur les violences post-électorales, son travail serait constamment entravé.
«Nous avons vu ce qui s’est produit. Elles sont elles-mêmes devenues des scandales. Elles sont devenues un lieu d’échange de bons procédés», s’est insurgé l’archevêque anglican.
Même constat côté catholique. Pour le cardinal John Njue, archevêque de Nairobi, l’échec de l’établissement du tribunal est le «reflet de la frustration du peuple vis-à-vis de la justice».
Une crise politique s’est déclenchée au Kenya après la victoire donnée au président en exercice Mwai Kibaki. Raila Odinga, leader de l’opposition, ayant affirmé que l’élection présidentielle avait été truquée.
Lors des troubles qui ont suivi les élections, 300’000 personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers. En avril 2008, suite à des pourparlers négociés par l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, un gouvernement de coalition a été formé, avec Mwai Kibaki en tant que président et Raila Odinga au poste de Premier ministre.
Kofi Annan s’est déclaré déçu de la décision de ne pas mettre en place un tribunal local pour enquêter sur les violences. Il a proposé d’envoyer à la Cour pénale internationale une liste de personnes ayant agi en qualité de meneurs lors des violences. Une commission d’enquête a déclaré que c’est ce qui allait se produire si le Kenya ne mettait pas en place son propre tribunal avant le 1er mars.
Le Premier ministre Odinga a assuré le 16 février dans le journal Daily Nation que le gouvernement était déterminé à mettre en place un tribunal local. Estimant que les personnes qui incitent à la tenue d’audiences à la Haye ne faisaient que retarder la justice. (apic/eni/pr)



