Manière habile de légaliser l’avortement, le mariage gay et la charia

Kenya: Des responsables d’Eglises kenyans opposés au projet de Constitution

Nairobi, 1er septembre 2005 (Apic) Des responsables d’Eglises du Kenya sont opposés au projet de Constitution qui devrait être soumis au référendum le 23 novembre. Ils estiment que c’est une manière habile de légaliser l’avortement, les unions entre personnes du même sexe et d’introduire dans le pays la charia ou loi islamique.

S’exprimant au nom de l’Eglise du Kenya, un rassemblement d’Eglises protestantes traditionnelles et pentecôtistes, les responsables religieux se disent indignés par ce qu’ils considèrent comme une tentative du gouvernement de leur imposer des tribunaux religieux.

Non aux tribunaux religieux

Le projet de la nouvelle Constitution, publié le 23 août, prévoit la mise en place de tribunaux chrétiens, islamiques et hindous, et selon les responsables religieux, risquer de transformer le Kenya, un Etat laïc, en un Etat religieux.

«Nous sommes très inquiets de ce nouveau projet de Constitution», a déclaré le pasteur David Githii, modérateur de l’Eglise presbytérienne d’Afrique orientale, en lisant un communiqué au nom du rassemblement. «Plusieurs questions n’ont pas reçu suffisamment d’attention. Nous avons remarqué plusieurs anomalies et contradictions.»

L’Etat laïc en danger

Puisque les propositions n’ont pas pu résoudre les questions controversées, estiment les chefs religieux, «nous n’avons pas d’alternative, et nous appelons les chrétiens à voter «non» au référendum». Les responsables d’Eglise estiment que la proposition introduit l’inégalité par le biais de la charia.

«En ce qui nous concerne, 90% du document est acceptable, mais notre sujet de discorde pour l’avenir est clair. Nous ne voulons pas que se produise ici ce qui s’est passé au Nigeria et au Soudan à cause des lois religieuses (charia)», estime le pasteur Githii.

Selon la presse locale, des évêques catholiques romains ont réaffirmé que le Kenya était un Etat laïc et qu’aucune tentative ne devrait être faite pour introduire des tribunaux religieux dans la Constitution.

«J’ai été un délégué à la Conférence constitutionnelle et membre de la Commission judiciaire. Lorsque la proposition a été faite, elle a été rejetée par une majorité de délégués. Ce que je ne comprends pas, c’est comment elle se présente aujourd’hui», a déclaré l’archevêque catholique de Kisumu, Zacchaeus Okoth, au quotidien «Daily Nation».

Non au prosélytisme et à l’intolérance religieuse

Le président kenyan, Mwai Kibaki, a exhorté les citoyens à étudier le projet avant de le rejeter, mais les Eglises, après l’avoir examiné, ont conclu que son adoption pourrait permettre à ceux qui pratiquent le prosélytisme de recourir à l’intimidation religieuse.

L’Eglise catholique du Kenya a formulé la première opposition de la société civile au texte, dénonçant l’introduction du recours possible aux tribunaux islamiques, la légalisation de l’avortement et l’autorisation de mariage homosexuel. Ce projet de nouvelle Constitution sera soumis à référendum en novembre prochain. (apic/eni/be)

1 septembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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