Sa famille et sa tribu dénoncent cette profanation

Kenya: L’archevêché de Nairobi fait exhumer le corps du cardinal Utunga

Nairobi, 26 août 2005 (Apic) Religion contre tradition au Kenya. L’archevêché de Nairobi a ordonné l’exhumation du corps du premier et seul cardinal du pays, Maurice Utunga. L’opération a eu lieu en pleine nuit et en secret le 19 août dernier. Elle a suscité la colère de la famille et de la tribu du cardinal, enterré il y a deux ans.

L’exhumation présage de la probable canonisation par le Vatican, de Mgr Utunga, a rapporté jeudi le correspondant local de Radio France Internationale. Mais pour les anciens de sa tribu c’est une «profanation». Elle portera malheur à leur communauté, ont-ils affirmé. Déjà en février 2004, l’Eglise avait dû interrompre ce projet d’exhumation à cause de l’opposition des vieux de l’ethnie boukoussou à laquelle appartient le cardinal Utunga.

Il était enterré dans «le Jardin de la Résurrection», cimetière catholique situé au nord de Nairobi. Son exhumation a eu lieu à l’insu de sa famille qui s’est offusquée de n’avoir pas été consultée au préalable. Dans leur tradition, déterrer un corps est interdit. C’est un signe de mauvaise augure pour l’ensemble de la communauté boukoussou à laquelle appartenait feu le cardinal Utunga. Pour tempérer leur colère, l’archevêché de Nairobi a envoyé une délégation de prêtres auprès de la famille et des sages, afin présenter ses excuses et obtenir leur bénédiction.

Né dans la ville de Thiebicura, à la frontière entre le Kenya et l’Ouganda, Mgr Utunga avait été ordonné prêtre en 1950, puis nommé archevêque de Nairobi en 1971. Deux ans plus tard, il est créé cardinal. (apic/ibc/bb)

26 août 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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