Le peuple seul doit décider du successeur de Daniel Arap Moi
Kenya: L’Eglise entre en scène dans le débat politique en vue des élections
Mombasa, 16 août 2002 (APIC) Les évêques catholiques du Kenya ont mis en garde le président sortant Daniel Arap Moi contre des tentatives de manipulations électorales. Le dernier mot doit revenir aux électeurs quant au choix du successeur de l’actuel président, estime l’archevêque de Mombasa, Mgr John Njenga.
Les élections présidentielles doivent avoir lieu en fin d’année, et plus de 3 millions de personnes (sur quelque 15 millions) ne se sont pas inscrites sur les listes électorales, selon la Commission électorale du Kenya (ECK).
Des voix critiques au sein du propre parti du président Moi, l’Union nationale du Kenya (KANU), ont demandé au président, qui passe pour un autocrate, de jouer le rôle d’une figure paternelle et de rester neutre dans le débat électoral actuel sur qui doit être le candidat de la KANU pour les prochaines présidentielles.
La campagne ouverte du président Moi pour son poulain Uhuru Kenyatta suscite de graves inquiétudes, selon le président de la Conférence épiscopale du Kenya, Mgr John Njue, évêque d’Embu. Le prélat a mis en garde contre les tentatives de manipulations électorales et l’utilisation des fonds publics pour la promotion d’un candidat particulier.
L’Eglise se voit contrainte à intervenir dans le houleux débat politique en cours ces dernières semaines au Kenya. Au centre de ces débats, le départ de l’actuel chef de l’Etat d’ici la fin de l’année. Mais en vue de cette échéance, Moi a déjà indiqué le nom de celui qui prendra sa place. Il s’agit de Uhuru Kenyatta, 41 ans, fils de Jomo Kenyatta, premier président du Kenya indépendant. Uhuru est actuellement ministre du gouvernement local.
Fonds publics utilisés pour la candidature du poulain du président
«Le président en tant que citoyen kenyan a le droit de faire son choix, mais il revient aux kenyans de se prononcer en dernière instance sur les candidats sur la base de leurs programmes politiques, économiques, l’école, la sécurité et l’agriculture», a souligné le prélat.
Que le gouvernement puisse utiliser des fonds publics pour financer la campagne électorale de la KANU, le parti du président Moi, au pouvoir depuis 1962, est source de préoccupation pour le religieux. Le Kenya s’est libéré de la colonisation britannique en 1962. Actuellement, 60% de la population vit au dessous du seuil de pauvreté et le pays figure parmi ceux dont la situation ne fait qu’empirer, selon le religieux. (apic/misna/kna/allafrica/be)



