Des responsables d’Eglise opposés à ce moyen d’agir

Kenya: La formation d’un parti chrétien sème la zizanie

Nairobi, 6 novembre 2006 (Apic) La création d’un parti politique chrétien au Kenya a provoqué un débat national, certains responsables d’Eglise et politiciens mettent en garde, estimant que cette formation pourrait diviser encore plus ce pays d’Afrique de l’est, qui lutte contre la corruption du gouvernement depuis plusieurs dizaines d’années.

«L’Eglise est censée être la conscience de la société. Lorsque les Kenyans sont mal dirigés, elle doit montrer la voie, mais pas mener,» a déclaré à l’Agence oecuménique ENI le pasteur Wellington Sanga, secrétaire de l’Eglise méthodiste du Kenya.

«Nous sommes contre le fait que les Eglises cherchent à s’immiscer au parlement et dans le gouvernement. Notre rôle devrait être celui indiqué par l’Ancien Testament, où les prophètes dénoncent les meneurs qui détournent le peuple du droit chemin,» a expliqué le pasteur Sanga, soulignant que le droit kenyan exigeait la séparation de l’Etat et de la religion. Il a ajouté que les leaders politiques chrétiens n’avaient pas réussi à être des modèles pour le peuple.

Le 28 octobre, le pasteur David Githii, modérateur de l’Eglise presbytérienne d’Afrique orientale (PCEA), qui soutient une campagne en faveur du «règne de Dieu», a entraîné certains responsables religieux et politiciens à fonder le parti Agano (de l’alliance). Agano et trois autres partis favorables aux idéaux chrétiens cherchent à faire élire «200 personnes intègres» au parlement.

Les leaders catholiques, méthodistes et anglicans s’opposent à cette idée, mais les leaders de la PCEA et des Eglises évangélique et pentecôtiste soutiennent la formation d’un bloc politique chrétien. Ils affirment que les injustices politiques actuelles montrent clairement «que l’heure du règne athée touche à sa fin et que Dieu est prêt à amener son règne théocratique».

Selon l’édition du 1er novembre du journal Standard, l’évêque du diocèse de Machakos, Mgr Martin Musonde Kivuva, aurait fait cette mise en garde: «Si nous allons dans cette direction, toutes les Eglises vont former des partis, or je ne pense pas que ce soit la meilleure des choses à faire, car il serait impossible de demander des comptes aux leaders politiques.» Selon l’évêque, les chrétiens peuvent voter pour un candidat individuel qui convient à leurs aspirations. (apic/eni/pr)

6 novembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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