Scène de panique dans un bus

Kenya: La police procède a des exécutions sommaires contre des présumés voleurs

Nairobi, 26 juillet 2001 (APIC) Les forces spéciales de la police ont procédé mercredi matin à Nairobi à l’exécution sommaire de 11 personnes en public. Motif invoqué par la police: les personnes exécutées étaient des malfaiteurs.

A quelques pas de l’autoroute pour Monbassa, un autobus, avec soixante passagers à bord a été arrêté par une dizaine de policiers en civil du groupe Delta. Les passagers ont dû descendre du bus. Les policiers étaient à la recherche de voleurs. Une fois repérés, les policiers les ont abattus à bout-portant. Un communiqué de la préfecture de police de la capitale a disculpé les policiers affirmant que les malfrats auraient été tués dans l’affrontement des deux groupes.

Les nombreux témoignages recueillis par la presse locale ne laisse cependant planer aucun doute sur la responsabilité du massacre. «La violence est chose courante au Kenya», a déclaré à l’Agence MISNA le père Renato Kizito Sesana, missionnaire combonien. «Ici la police se croit au dessus de la loi et peut tuer de sang froid» a-t-il expliqué.

«C’est terrible de se rendre compte que cette situation est devenue normale et ne choque plus personne. Les passagers du bus, paralysés par la peur, ont assisté à la scène alors que les policiers abattaient les voleurs. Si quelqu’un était intervenu, il aurait sans doute passé un sale quart d’heure» ajoute le religieux.

La criminalité montante et l’insécurité dans le pays est un phénomène reconnu et les habitants des villes de ce pays en sont conscients. «La population se sent bien impuissante, aussi bien contre les criminels que les abus et la corruption de la police, conclut le Père Kizito. (apic/mna/iac)

26 juillet 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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