Réaction des politiques: ces Eglises ont d’autres choses à faire
Kenya: Le conseil national des Eglises du Kenya appelle à de nouvelles élections
Nairobi, 20 mars 2009 (Apic) Le Conseil national des Eglises du Kenya (NCCK) appelle à de nouvelles élections. Il considère que ce pays d’Afrique de l’Est connaît une crise au niveau du leadership et une mauvaise gouvernance sous la direction du président Mwai Kibaki et du Premier ministre Raila Odinga.
«L’impression qu’ont la plupart des Kenyans est qu’ils ont un président moribond et un Premier ministre inefficace», a déclaré le pasteur Peter Karanja, secrétaire général du Conseil, à Limeru, près de Nairobi, le 18 mars. «Nous sommes convaincus que les Kenyans devraient appeler à de nouvelles élections dès aujourd’hui pour remplacer le Parlement actuel».
Mwai Kibaki, catholique, et Raila Odinga, anglican, se sont mis d’accord pour former un gouvernement de coalition l’année dernière, grâce à la médiation de l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan. Des violences avaient éclaté pendant plusieurs semaines, à l’issue d’élections contestées fin 2007. Environ 1’500 personnes ont perdu la vie au cours des troubles, et 300’000 autres personnes ont été déplacées.
Pour le pasteur Karanja, cité par l’Agence oecuménique ENI, le gouvernement de coalition ne fonctionne pas. «Les ministres passent leur temps à se quereller sur des questions accessoires au lieu d’assumer leurs responsabilités».
Il a recommandé de former un gouvernement restreint, de soumettre à l’impôt toutes les personnes assumant des fonctions constitutionnelles et de punir sévèrement les responsables gouvernementaux qui détournent les ressources publiques.
Par ailleurs, Le NCCK a lancé une campagne en vue de recueillir un million de signatures pour une pétition appelant Kofi Annan à rendre publique une liste de noms de meneurs suspectés des violences post-électorales. La liste a été donnée à l’ancien secrétaire général de l’ONU par une commission chargée d’enquêter sur les troubles. Le Conseil d’Eglises souhaite également que les auteurs présumés de violences soient poursuivis en justice par la Cour pénale internationale de la Haye.
L’appel à de nouvelles élections a été fermement critiqué par certains politiques. «Ce n’est pas aux responsables religieux d’appeler à des élections», a estimé le président du Parlement kenyan, Kenneth Marende. Ces responsables, dit-il, se substituent à la Constitution du pays. (apic/eni/pr)



