Kenya : Le procureur général ordonne un moratoire sur l’enregistrement de nouvelles sectes religieuses
Nairobi, 13 novembre 2014 (Apic) Le procureur général du Kenya, Githu Muigai, a ordonné la suspension pour une durée indéterminée, de l’enregistrement de nouvelles sectes religieuses dans le pays, à la suite de plusieurs cas d’arnaques, rapportés par les médias du pays.
La semaine dernière, la télévision nationale a diffusé une séance de «miracle», organisée par le dirigeant d’une église nouvelle, le ministère de guérison du Salut, le pasteur Victor Kanyari. Lors de cette séance, il escroquait ses fidèles, en promettant de les guérir. Ses assistants lavaient les pieds des fidèles dans de l’eau mélangée avec du permanganate de potassium, un produit colorant, qui rendait rouge cette eau. Ils leur faisaient alors croire que c’était du sang qui provenait de leurs pieds.
Ce reportage a particulièrement choqué l’opinion publique. L’Alliance évangélique du Kenya a appelé l’Etat à réprimer les prédicateurs qui promettent des miracles et arnaquent leurs fidèles. Le directeur des poursuites publiques de la police, Keriako Tobiko a ordonné une enquête sur le pasteur Kanyari.
Au début de cette année, Kanyari avait déjà été interpellé pour avoir demandé à une femme sans enfant, de passer la nuit chez lui, afin que son premier enfant soit «la graine du pasteur». Sa mère, Lucy Nduta, se déclarant prophétesse, a été emprisonnée pendant deux ans en 2006, pour avoir arnaqué des personnes qu’elle avait promis de guérir du sida.
Examiner la gestion des sectes
D’autres prétendus «hommes de Dieu» ont amassé des fortunes et construit des maisons somptueuses, en extorquant à leurs fidèles, des dîmes et des offrandes.
Dans son communiqué, le procureur général Muigai a précisé que le moratoire sur l’enregistrement de nouvelles organisations religieuses entre immédiatement en vigueur, et jusqu’à nouvel ordre. Il a ordonné à toutes les organisations religieuses en activité dans le pays, à s’inscrire sur le registre des sociétés. Il a par ailleurs convoqué les représentants de toutes les organisations religieuses, à une rencontre le 14 novembre.
Le procureur général a ajouté avoir proposé au gouvernement, la mise en place d’un groupe de travail, pour examiner les activités et la gestion des organisations religieuses dans le pays. (apic/ibc/mp)



