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Kenya: L’Eglise catholique lutte contre la corruption

La Conférence des évêques catholiques du Kenya (KCCB) a lancé, le 5 octobre 2019, une campagne nationale de lutte contre la corruption. Les évêques exigent dorénavant la traçabilité et la transparence des dons, notamment ceux des hommes politiques.

D’une durée de six mois, elle vise à «briser la chaîne de corruption» dans le pays. Elle sera marquée par l’ouverture de bureaux anti-corruption dans toutes les églises catholiques où les citoyens peuvent signaler tout cas de corruption. Une fois saisis, les responsables des bureaux se chargent du suivi des dossiers, a rapporté le quotidien pro-gouvernemental kenyan, The Nation.

«La KCCB ne permettra pas que l’Eglise soit utilisée comme plate-forme politique, et les politiciens ne seront pas autorisés à s’adresser à leurs militants, à l’intérieur des églises», a souligné le président de la conférence épiscopale du Kenya, Mgr Philip Anyolo, évêque de Homa Bay, à l’ouest du pays.

Lors du lancement de la campagne lors d’une journée de prière nationale, les évêques ont appelé les fidèles à déclarer leur intention de lutter contre la corruption sur leurs lieux de travail. Ils ont estimé que la corruption s’est infiltrée dans l’Eglise, certains hommes politiques donnaient en effet de l’argent sale à des Eglises et à des institutions catholiques.

Depuis 2012, l’Eglise catholique dénonce «la corruption le népotisme et les tendances égoïstes individuelles» dans le pays. Ces sept dernières années, la KCCB a publié sur son site 30 communiqués visant à dénoncer sur la corruption.

«Corruption énorme»

Elle a rappelé que l’Eglise catholique a déjà cessé d’accepter les dons financiers directs des hommes politiques. Elle a décidé que désormais, toute contribution à une collecte de fonds pour des projets de l’Eglise catholique se fera par un transfert d’argent via le téléphone mobile ou par chèque. En outre, tous les cadeaux aux dirigeants de l’Eglise doivent être accompagnés d’une lettre du donateur. Ces différentes mesures de traçabilité devraient aider à lutter contre «la corruption énorme, qui a emprisonné les cœurs, les familles et la société tout entiers».

Le Kenya, qui compte 66 millions d’habitants, est l’un des pays d’Afrique où il y a le plus de corruption. En 2018, il occupait la 144e place sur 180 dans l’indice mondial de perception de la corruption. Une étude publiée chaque année par l’organisation non gouvernementale, «Transparency International». (cath.ch/ibc/bh)

Mgr Philip Anyolo, président de la KCCB a lancé la campagne de lutte contre la corruption. | © Amecea
8 octobre 2019 | 17:27
par Ibrahima Cisse
Corruption (69), KCCB (3), Kenya (89)
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