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Kenya: L’Eglise plaide pour une «répartition équitable» des ressources naturelles

l’Eglise catholique du Kenya a plaidé en faveur d’une «répartition équitable» des ressources naturelles du pays avec les communautés locales, ainsi que pour la protection de leurs droits, face aux entreprises multinationales.

Le message de Mgr John OballaOwaa, président de la Commission pour la promotion du développement humain intégral à la Conférence des évêques catholiques du Kenya, a été lu par le père Nicholas Makau, président de la Commission justice et (CJPC) de la KCCB, à l’ouverture d’une des travaux des députés.

Mgr Owaa s’adressait aux députés, membres de la Commission de l’environnement et des ressources naturelles (CERN*), qui se réunissaient à Nairobi pour préparer les négociations du Traité contraignant des Nations Unies 2021, prévues à Genève du 25 au 29 novembre.

Au Kenya comme partout ailleurs, l’État a pris des mesures de protection des entreprises multinationales, afin d’attirer les investisseurs. Parmi ces mesures figurent notamment des accords de libre-échange, des accords de protection, des investissements et des mécanismes de sanction. 

Dans ces conditions, explique l’évêque de Ngong, les violations des droits de l’homme, des droits des peuples et de la nature sont devenues systématiques.

Garantir les intérêts des populations

«Or, a-t-il poursuivi, pour l’Eglise catholique, les communautés doivent bénéficier de manière juste, des retombées de l’exploitation de leurs ressources naturelles. Leurs droits aussi doivent être protégés. Les politiques et la législation nationale devraient donc garantir leur intérêt. Les sociétés transnationales doivent également être tenues pour responsables de leurs actions.

«L’expérience du Kenya a montré que les mesures de protections de sociétés multinationales peuvent et portent atteinte aux droits de l’homme avec des cas de dégradation de l’environnement, de déplacements des populations, de compensations inadéquates, et d’accaparement des terres», a encore rappelé Mgr Owaa, tout en déplorant l’absence de «règles contraignantes» pour les entreprises sur les droits de l’homme.

Au sujet des prochaines négociations du Traité contraignant des Nations Unies de 2021, il a exhorté le gouvernement, d’y «participer avec ferveur», afin de protéger les communautés contre «l’exploitation et l’abus» des droits de l’homme. (cath.ch/ibc/bh)

*La CERN a pour but d’examiner la mise en œuvre des politiques nationales spécifiques du gouvernement sur les ressources naturelles et la conservation de l’environnement. Cela comprend la conservation des sols et de l’eau et la foresterie et le contrôle de la pollution atmosphérique, de la pollution sonore, d’autres nuisances publiques et l’enlèvement des ordures, les décharges et l’élimination des déchets solides.

Mgr John Oballa Owaa, président de la Commission du développement humain intégral de la Conférence épiscopale du Kenya | © cisanews.com
13 septembre 2021 | 15:11
par Ibrahima Cisse
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