Massacre pour des loyers

Kenya :Les affrontements inter-ethnniques à Kibera font 18 morts

Nairobi, 6 décembre 2001 (APIC) Les affrontements inter-ethniques qui ont débuté mardi 6 décembre à Kibera, l’un des plus grands bidonvilles de Nairobi, ont duré deux jours. Selon des sources de l’agence missionnaire MISNA, le bilan provisoire serait d’au moins 18 morts et de nombreux blessés.

Certaines victimes, selon ces mêmes sources, auraient été décapitées par des d’individus originaires de Nuba au Soudan. Les autorités locales minimisent les pertes en vies humaines en déclarant que le nombre de victimes ne dépasse pas les 7 personnes. La zone reste encore isolée et encerclée par la police. A cause des violences, des milliers de personnes ont dû fuir leurs habitations, dont plusieurs ont été incendiées durant les affrontements. Au moins 3’000 civils ont trouvé refuge auprès du poste de police situé un peu en dehors de Kibera. Un autre millier s’est réfugié dans la paroisse de «Notre Dame de Guadeloupe» dont les prêtres suivent depuis des années les habitants des bidonvilles, où vivent, selon eux, au moins un demi million d’âmes.

Le conflit oppose les nubiens, propriétaires des terres et des habitations, et leurs locataires, dont la plupart sont chrétiens et appartiennent à l’ethnie des Luos, majoritaire à Kibera. Parmi les 48 ethnies présentes dans le bidonville, les Kikuyus se sont rangés du côté des nubiens alors que les Luyas soutiennent les Luos.

Au c?ur du conflit réside la réduction des prix de location demandée aux propriétaires des baraquements. Une demande appuyée par le chef de l’Etat Daniel Arap Moi qui, dans un discours tenu aux habitants du bidonville, ces dernières semaines, les avaient exhortés à ne pas payer les loyers trop onéreux.

La controverse économique est centrée sur le pourcentage à déduire du coup de location. En effet, à en croire la presse locale, les locataires demandent une réduction de 50% alors que les propriétaires semblent être disposés à ne céder que 20%. En outre, mardi dernier, les habitants ont rencontré le représentant du gouvernement, le ministre de l’Energie Raila Odinga, de l’ethnie Luo, mais la réunion n’a pas pu contribuer à une atténuation des tensions.

L’infiltration de bandes armées étrangères au bidonville n’ont fait que rendre plus compliquée une situation déjà tendue depuis une semaine dans le bidonville. Les journaux de la capitale signalent qu’au moins deux personnes ont été tuées lors d’échauffourées avec la police. (apic/mna/sh)

6 décembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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