Diminution des salaires et transparence exigées

Kenya: Les différentes religions demandent aux politiciens de rendre des comptes

Nairobi, 8 mai 2007 (Apic) Des responsables religieux chrétiens, musulmans et hindous du Kenya soutiennent la demande d’organisations de la société civile, qui appellent les personnes briguant la fonction de député cette année à signer une charte les engageant à diminuer leur salaire, mais aussi à rendre des comptes et agir dans la transparence.

«C’est une bonne chose,» a déclaré à Nairobi David Sawe, prêtre anglican de la cathédrale de Tous-les-Saints. «Si les Kenyans peuvent se référer à cette charte, il pourront demander des comptes à leur députés», a-t-il confié à l’Agence oecuménique ENI.

Selon David Sawe, une grande partie des 37 millions d’habitants du Kenya étaient frustrés d’aller voter pour des personnes qui, par la suite, abusent de leur pouvoir et des ressources du pays, tout en percevant des traitements exorbitants.

Regroupés au sein d’une coalition hétéroclite appelée Mouvement pour la responsabilité politique, les organisations affirment que les députés kenyans sont parmi les mieux rémunérés du monde, percevant des traitements mensuels d’environ 880’000 shillings kenyans (10’000 euros). Dans l’Ouganda voisin, les députés gagnent l’équivalent de 2’000 euros et en Tanzanie, 1’300 euros.

«En comparant ce que gagnent les différents députés, on se demande comment les Kenyans parviennent à de telles sommes. Les salaires doivent être réduits et les économies ainsi réalisées affectées au développement,» a estimé David Sawe.

Les organisations veulent en outre que les candidats aux élections législatives s’engagent par écrit à gérer «de manière ouverte et responsable les fonds pour le développement, agir efficacement au parlement et mettre en place un système transparent qui les contraindrait à rendre des comptes et déclarer leur patrimoine». La charte à laquelle ils adhèrent les obligerait par ailleurs à dénoncer l’incitation à la violence et le soutien aux milices privées.

«Les Kenyans doivent commencer à demander des comptes à ceux qui aspirent à occuper un siège au parlement,» relève de son côté Maina Kiai, président de la Commission nationale des droits de la personne du Kenya.

De nombreux membres d’organisations de la société civile du Kenya ont affirmé que le pays souffrait d’un manque de responsabilité politique, alimentant une culture de l’impunité et des privilèges qui fait fi des aspirations de la plupart des habitants de ce pays d’Afrique de l’est. (apic/eni/pr)

8 mai 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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